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RÉUNION SUR LES RESSOURCES NATURELLES ET LA PAIX, Onu: la Fondation Panzi prône la justice distributive, procédurale et réparatrice
La Fondation Panzi, fondée par le prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, invite les États membres des Nations unies à dépasser les approches actuelles centrées sur la traçabilité et le devoir de diligence dans la gouvernance des ressources naturelles, plaidant pour une approche fondée sur la justice distributive, procédurale et réparatrice. Ce, en prélude de la réunion sur les ressources naturelles et la paix, initiée par Kinshasa au Conseil de sécurité de l'Organisation des nations unies (Onu).
La Fondation propose d'évaluer les futurs cadres internationaux à partir de trois critères : la justice distributive, c'est-à-dire la manière dont les bénéfices de l'exploitation sont partagés ; la justice procédurale, portant sur la participation effective des populations concernées aux décisions ; et la justice réparatrice, destinée à garantir des mécanismes de réparation lorsque des dommages surviennent.
Cette posture intervient alors que le Conseil de sécurité des Nations unies tient, à l'initiative de la RDC une réunion selon la formule "Arria" consacrée aux ressources naturelles et à la paix.
Dans un document officiel, la Fondation estime que les dispositifs internationaux mis en place depuis plus de vingt ans pour lutter contre les minerais liés aux conflits, ont principalement privilégié la gestion des risques, le devoir de diligence des entreprises et, plus récemment, la traçabilité.
Si ces outils demeurent nécessaires, "l'expérience de la RDC montre qu'ils ne suffisent pas" à garantir des résultats durables, lit-on.
Et de poursuivre, le principal défi réside dans "l'intégration limitée" et le caractère insuffisamment contraignant des principes de justice au sein des systèmes de gouvernance des ressources naturelles.
La Fondation Panzi estime que les règles actuellement permettent surtout d'identifier les risques et de retracer l'origine des minerais. Mais sans répondre pleinement aux questions de la répartition des bénéfices, de la participation des communautés concernées ou de la réparation des préjudices.
Selon elle, les chaînes d'approvisionnement mondiales ne peuvent être considérées comme véritablement sûres si elles reposent sur des griefs non résolus, l'exclusion des communautés ou des atteintes aux droits humains.
Cette organisation fondée en 1999 par le docteur Denis Mukwege rappelle également que la RDC représentait 74% de la production mondiale de cobalt en 2024, tout en insistant que les activités de transformation et de raffinage captent une part beaucoup plus importante de la valeur ajoutée que l'extraction des minerais.
Gloire BATOMENE