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Reprise du conflit intercommunautaire à Lubunga : MSF assiste plus de 4800 ménages à Kisangani
Le conflit foncier qui oppose les communautés Lengola aux Mbole dans la commune urbano-rurale de Lubunga, à Kisangani a entraîné des milliers de déplacés. Faute de moyens, ces derniers vivent dans des conditions déplorables, aussi Médecins Sans Frontières a lancé une intervention pour répondre aux besoins vitaux de ces populations.
Pour répondre aux besoins médico-humanitaires, les équipes de MSF assistent les populations déplacées et autochtones à travers des soins de santé de base au centre de santé SNCC. Les blessés graves sont traités à l’hôpital général de référence de Makiso à Kisangani, rapporte un communiqué de MSF.
» A ce jour, 575 patients ont bénéficié des soins de santé de base offerts par MSF. 25 cas graves ont été référés à l’hôpital général de Lubunga et 58 enfants souffrant de malnutrition ont été soignés « , explique Dr Gervais Mbogne, coordonnateur médical adjoint au sein de l’équipe de réponse aux urgences de MSF à Kisangani.
Face à la précarité de conditions de vie des déplacés, Médecins Sans Frontières a distribué des abris et matériels d’hygiène à 500 ménages sur les sites Sainte Marthe et Lukusa. L’organisation a également doté ces sites de quatre latrines pour améliorer les conditions d’hygiène.
Après quelques mois d’accalmie la reprise du conflit en ce mois de janvier, voit le nombre des déplacés augmentés. Des cases sont incendiées, 5 autres personnes tuées, 3 blessés graves sont pris en charge par MSF dont une fillette de 6 ans amputée de ses deux membres supérieurs.
« J’étais encore au lit quand des hommes armés ont sauvagement pénétré dans ma maison. Je me suis agenouillée et leur ai suppliés de m’épargner. Ils n’ont rien voulu entendre et m’ont violemment frappée avant de m’amputer d’un bras« . Témoigne Mireille, la cinquantaine, admise pour blessures graves à l’hôpital générale de référence de Makiso à Kisangani. Elle s’est déplacée depuis octobre 2023.
« J’ai reçu sept coups de flèches dans le dos. Je les arrachais l’une après l’autre et je les ai jetées par terre. Ils m’ont ensuite frappée à la tête avec une machette avant de me trainer dans la brousse où ils m’ont impitoyablement torturée et abandonnée pour mort« , raconte en sanglots, Jeannot, également interné dans le service de chirurgie de cet hôpital où il suit son traitement.
Plus de 500 morts et 700 cases incendiées
Des sources onusiennes estiment à 4858 ménages, le nombre de déplacés internes à Kisangani à la suite de ce conflit intercommunautaire. Dépourvus de tout, leurs conditions de vie demeurent difficiles.
Parmi ces déplacés, il y a Papy originaire du village Obio. « J’ai brusquement quitté ma maison, à pied, avec ma femme et mes huit enfants. Tous nos biens sont restés, les hostilités nous ont surpris pendant la nuit, nous sommes dépourvus de tout. Nous dormons mal, je manque de moyens pour répondre aux besoins les plus élémentaires de ma famille« , déplore la victime.
C’est depuis le mois de février 2023, qu’un conflit foncier oppose les communautés Lengola aux Mbole dans la commune urbano-rurale de Lubunga, à Kisangani. Les autorités provinciales de la Tshopo rapportent, à ce jour, plus de 500 morts et de 700 cases incendiées. De milliers de personnes déplacées continuent à faire face aux intempéries, à la faim et aux mauvaises conditions d’hygiène qui les exposent à diverses maladies. Fyfy Solange TANGAMU