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RDC:Environ trois ménages sur dix ont une consommation alimentaire pauvre
Selon un rapport d’évaluation conjointe publié tout récemment par l’Institut national de la statistique (INS) avec l’appui du Programme alimentaire mondial (PAM), plus de trois quarts des ménages en RDC vivent en insécurisé alimentaire.
À ce propos, le rapport de l’évaluation de la sécurité alimentaire et de la malnutrition en situation d’urgence pour l’année 2025 indique que la crise alimentaire reste préoccupante en RDC. Il révèle qu’un nombre très important des ménages fait face à des difficultés pour se nourrir correctement.
À lire ce document, on découvre que 77,3% des ménages sont touchés, dont une partie importante en situation sévère. Au total, près de 27,7 millions de personnes sont confrontées à une faim aiguë dans le pays.
À la base de cette situation déplorable, la persistance des conflits,les déplacements de populations, mais également la précarité économique. La plupart des ménages dépendent d’activités informelles, avec des revenus insuffisants pour couvrir les besoins essentiels. En conséquence, l’alimentation se dégrade. L’on comptabilise environ trois ménages sur dix ayant une consommation alimentaire pauvre, avec des carences importantes en nutriments.
Stratégie suicidaire : réduction de repas
Pour s’en sortir et ne pas disparaître, certaines familles recourent à des stratégies extrêmes qu’on pourrait qualifier de suicidaire: réduction de repas, vente de biens, voire même retrait des enfants de l’école.
Parallèlement à cette crise, un constat amer est établi : près de 60% de ménages consacrent plus de trois quarts de leurs revenus à l’alimentation, au détriment de la santé et de l’éducation.
Pour sortir de cette ornière, les experts recommandent aux autorités congolaises de mettre en place une réponse urgente, combinant aide humanitaire, soutien aux moyens de subsistance et amélioration de l’accès aux services de base.
Pour ce, le PAM a décidé de renforcer les systèmes alimentaires et encourager la production en RDC.
À quand la revanche du sol sur le sous-sol ?
Conscient de la place et du rôle de l’agriculture, le président Félix Tshisekedi avait annoncé en 2025 un programme visant la revanche du sol sur le sous-sol. En d’autres termes, il s’agit de redonner à l’agriculture sa place de priorité des priorités, en lieu et place des minerais.
Malheureusement, sur le terrain les effets ne se font nullement sentir. Nous doutons fort que dans la loi des finances 2026 révisée, l’agriculture ait atteint la hauteur de 10% du budget national tel que recommandé par le Protocole de Maputo auquel la RDC a librement souscrit. ALors, à quand la revanche du sol sur le sous-sol?
Un autre exemple amer est la situation actuelle de l’Office de voies de desserte agricole (OVDA). Émanation de l’ancienne Direction de voies de desserte agricole (DVDA), cet établissement public a été créé pour donner un peu plus de tonus dans l’activité de cantonnage manuel, pour faciliter l’évacuation des produits agricoles vers les grands centres de consommation.
Mais curieusement, depuis sa création, cet office n’est toujours pas opérationnel en dépit du nombre très élevé d’agents recrutés par l’ancien ministre du Développement rural. On rapporte qu’à part les membres du comité de gestion, les agents et cadres ne sont pas rémunérés. Peut-on croire que pareille situation peut aider à maximiser la production agricole ?
Pour un pays qui dispose potentiellement de millions de terres arables et qui est capable de faire exporter le surplus de sa production après avoir nourri sa population, personne ne peut admettre que des nombreux ménages vivent dans l’insécurité alimentaire. L’heure est arrivée de passer de slogans creux aux actes.
Muke MUKE