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RDC : un symposium pour réfléchir sur la localisation de l’aide humanitaire
Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo accueille du 27 au 29 octobre le 3ème Symposium national sur la localisation de l’action humanitaire avec comme thème principal: «transformer le système humanitaire à partir des évidences locales», organisé par le Conseil national des Fora des ongs humanitaires pour la Paix et le Développement (CONAFOH/RDC).
Prenant la parole à son tour, le coordonnateur humanitaire en RDC et coordonnateur résident des Nations unies, Damien Mama, a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse des financements humanitaires.
À l’ouverture de cette rencontre, au nom de la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, la ministre déléguée chargée des Personnes vivant avec handicap, Irène Esambo, a fait un plaidoyer pour l’implication des parlementaires à ces assises en leurs qualités d’autorités budgétaires afin d’accroître l’enveloppe allouée à ce secteur vu les décennies des crises et leurs impact au niveau de la communauté.
Aussi, Me Irène Esambo s’est réjouie de la présence des organisations féminines comme participantes à ce forum car les femmes et les filles sont les premières victimes des conflits et portent le lourd fardeau.
Elle n’a pas manqué de souligner sur la prise en compte des Résolutions 1325 et 2250 du Conseil de Sécurité des Nations unies «Femmes, Paix et Sécurité et Jeunesse, Paix et Sécurité» dans les discussions pour démontrer non seulement rôle en tant que victimes des crises, mais aussi en tant qu’actrices capables de contribuer aux solutions.
GESTION TRANSPARENTE DES RESSOURCES
Pour sa part, le Coordonnateur humataire et Coordonnateur du Système des Nations Unies, M. Damien Mama a insisté sur le sytème de redevabilité des ressources mis à la disposition des organisations locales. À l’entendre, ces fonds proviennent des contribuables des pays donateurs par solidarité, donc il y a nécessité de bien les gérer.
Selon lui, la localisation de l’aide doit s’accompagner d’une gestion transparente et responsable des ressources, afin de préserver la confiance des donateurs et de garantir que les fonds mobilisés bénéficient effectivement aux populations dans le besoin.
Il a également souligné l’importance de renforcer la coopération entre les différentes parties prenantes et de mettre en place des stratégies communes pour assurer une réponse humanitaire efficace et durable.
D’après lui, la localisation exige des partenariats équitables, des procédures proportionnées, des coûts opérationnels adaptés et un accompagnement renforçant les capacités, la redevabilité et la gestion des risques.
«Notre ambition est de construire la réponse avec les acteurs congolais, et non simplement à travers eux, dans la confiance, la transparence et la responsabilité mutuelle», a soutenu M. Mama.
Cependant, il a fait savoir que la localisation a besoin d’un environnement favorable, clair et prévisible. À cet égard, il a salué l’engagement du Gouvernement en faveur du leadership national, ainsi que les efforts engagés pour élaborer un cadre juridique de l’action humanitaire.
Aussi, il a salué, dans le même esprit, le lancement en août dernier de la campagne nationale de solidarité par le Président de la République.
«Une contribution accrue des ressources nationales à l’action humanitaire, y compris au bénéfice des organisations congolaises, serait un signal fort de solidarité et de responsabilité collective», a mentionné le chef de file de l’action humanitaire.
L’essentiel, selon lui, est que davantage de ressources, de responsabilités et de pouvoir de décision atteignent effectivement les acteurs congolais, sans fragiliser le financement global de la réponse.
Ensuite, Damien Mama a indiqué que l’Équipe Humanitaire Pays va examiner la feuille de route avec attention. «Chaque institution pourra contribuer et prendre des engagements dans le respect de son mandat, de ses procédures et des décisions de ses organes compétents», a-t-il souligné.
«Pour ma part, je vais poursuivre les efforts visant à ouvrir davantage la co-coordination des clusters et des coordinations humanitaires opérationnelles provinciales aux organisations nationales. Je vais également porter auprès des bailleurs le plaidoyer en faveur de financements de meilleure qualité, qui prennent en compte les coûts indirects, encouragent la prévisibilité et la pluri-annualité lorsque cela est possible, et permettent un partage plus équitable des risques», a soutenu le coordonnateur humanitaire.
OBJECTIFS DU SYMPOSIUM
De son côté, Dr De-Joseph Kakisingi, Président du Conseil National des Fora des Ongs Humanitaires, Paix et Développement (CONAFOHD-RDC) a expliqué l’objectif principal de ce Symposium qui est Contribuer à la transformation du système humanitaire en valorisant les évidences produites par les acteurs locaux et en renforçant le leadership national dans la mise en œuvre de l’agenda de la localisation».
D’après lui, ce Symposium va constituer un espace privilégié de dialogue et de collaboration réunissant les institutions de la République, les agences des Nations Unies, les partenaires techniques et financiers, les missions diplomatiques, les ONG nationales et internationales, les organisations communautaires, ainsi que les universités, centres de recherche et experts engagés dans l’amélioration de l’action humanitaire en RDC.
Pendant les trois jours des travaux du Symposium, trois axes stratégiques seront abordées. Il sera question à l’entendre : «d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des recommandations issues des deux premiers Symposiums Nationaux sur la Localisation ; de mettre en lumière les innovations congolaises en matière d’action humanitaire, de développement des capacités et de localisation de l’aide, afin d’en tirer des enseignements pour les politiques et les pratiques ainsi que de conduire un dialogue stratégique sur les principaux défis et perspectives de l’action humanitaire en RDC en vue d’alimenter la feuille de route nationale de la localisation à l’horizon 2030".
Mathy MUSAU