Dernière minute
Société
Ata na lifelo toko samba kaka". Cette phrase en lingala se traduit littéralement par : " Même en enfer, nous allons quand même plaider [notre cause].
Dans un sens plus imagé, cela signifie qu'on ne compte pas se laisser faire ou se taire, peu importe la difficulté…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Avocats Sans Frontières (ASF) a lancé un projet d’assistance judiciaire à la prison centrale de Makala. Cette initiative permettra aux ONG locales travaillant avec AVS…
Étranger
À la tribune du Forum diplomatique d’Antalya 2026, le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a livré une intervention dense et structurée, au croisement des enjeux…
Nation
Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC et chef de la Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), James Swan, a passé en…
RDC : un rapport d'Afrewatch révèle les entraves à l’exécution optimale des projets routiers
En République démocratique du Congo, le chantier routier bat de l’aile. La qualité des artères se détériore davantage avec les récentes pluies diluviennes aussi bien à Kinshasa que dans les provinces de l’intérieur du pays. Ce constat s’est cristallisé dans le récent rapport d’étude sur ‘‘La mise en œuvre du volet infrastructures de la Convention sino-congolaise’’, renseigne African Resources Watch (AFREWATCH), l’Observatoire africain des ressources naturelles, membre de la coalition «Le Congo n’est pas à vendre» (CNPAV).
Cette Convention, saluée par nombre d’observateurs congolais de par les espoirs suscités, a focalisé l’attention des animateurs de la coalition «Le Congo n’est pas à vendre». C’est dans cette optique qu’ils ont diligenté une étude sur la première phase de la convention entre le gouvernement de la RDC et le Groupement d’entreprises chinoises (GEC), pour la période allant de 2008 à 2023, en vue de déterminer les entraves à l’exécution optimale des chantiers amorcés et déterminer les remèdes appropriés.
Au cours de ces investigations confiées à AFREWATCH et menées pendant quatre mois, les enquêteurs ont passé en revue une trentaine de projets d’infrastructures, indique un animateur de la coalition «Le Congo n’est pas à vendre» lors d’un atelier de vulgarisation organisé le mardi 13 mai dernier à Kinshasa. Ils ont ainsi mené des visites de terrain auprès de six projets couvrant les provinces de la Tshopo, de Kinshasa, du Nord-Kivu, du Kasaï oriental et du Kasaï central.
Très prometteuse, la mise en œuvre de cette convention a toutefois laissé les enquêteurs sur leur soif. D’après le rapport, la Sino-Congolaise des mines (Sicomines) s’était engagée à construire 6.538 km de routes en RDC. Au terme de la première phase de la Convention, le gouvernement de la RDC a réceptionné 1.132 km, soit un taux d’exécution de 17 %, commente le rapport d’AFREWATCH.
Les entraves à surmonter
Au regard de ce constat, les enquêteurs se sont intéressés à la partie congolaise pour détecter les entraves, les mobiles… de ce faible taux d’exécution de la convention, au moment où d’autres pays africains, partenaires de la Chine, bénéficient d’infrastructures impressionnantes.
Les investigateurs d’AFREWATCH révèlent avoir détecté, dans le chef d’intervenants congolais, «l’absence d’études préalables qui ont entrainé la signature de nombreux avenants, dont l’impact budgétaire s’élève à 55,4 millions de dollars américains entre 2013 et 2018». Une situation qui pourrait se reproduire si le contrôle ne fonctionne pas, avertit un animateur de CNPAV.
Outre ce déficit, les auteurs de l’étude relèvent le non-respect du circuit de la dépense publique, l’exécution des projets sans l’autorisation préalable du Parlement, la persistance du risque de faible exécution des projets, les pratiques de rétro commission, l’absence d’évaluation sérieuse...
Recommandations à la partie congolaise
Au regard de ces défaillances, CNPAV et AFREWATCH formulent un éventail de recommandations à la partie congolaise pour bénéficier à bon escient de ce partenariat avec la Sicomines qui est bien active en RDC dans le secteur minier. Ces organisations de la Société civile convient le Gouvernement, les deux chambres du Parlement, la Cour des comptes, l’Inspection générale des finances (IGF), le Ministère en charge des infrastructures et travaux publics, l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT)… à tenir compte des recommandations qu’elles leur ont adressées.
A titre illustratif, les auteurs de l’étude convient l’IGF et d’autres institutions publiques de contrôle de ‘‘renoncer désormais à tout paiement ou rémunération pour leurs prestations émanant des entreprises, institutions et services publics à l’occasion de l’accomplissement de leurs missions respectives’’.
Au Parlement, ‘‘d’organiser une mission d’évaluation et de contrôle parlementaire sur l’exécution du volet infrastructures et les exonérations accordées dans le cadre de la Convention sino-congolaise’’. Au Gouvernement, de ‘‘respecter les prévisions des infrastructures convenues entre parties dans les annexes à la convention de collaboration’’…
Yves KALIKAT