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Prix du passeport: le désordre persiste
Depuis plusieurs années, acquérir un passeport en République démocratique du Congo (RDC) ressemble à un parcours de combattant qui mène une lutte sans merci. Pour mettre fin à cette triste situation et faciliter tant soit peu la tâche à la population, le prix de cette pièce d’identité a été fixé à tout au plus 90 dollars américains au lieu de 150-200 dans les coulisses.
Malheureusement, ce prix officiel fixé par le gouvernement est battu en brèche par des inciviques qui tiennent à s’enrichir sur le dos de pauvres citoyens. Pourtant, le passeport n’est qu’une simple pièce d’identité qu’un citoyen ordinaire peut se procurer le plus facilement du monde.
Mais en RDC, les formalités sont complexes à remplir les unes aussi incompréhensibles que les autres. De l’achat de la farde à la capture, en passant par la fiche d’identification, tout est à payer au point où le passeport congolais doit être probablement le plus cher du monde.
Mais à quoi est dû ce désordre ? C’est difficile à expliquer tant que les méandres à suivre sont tentaculaires. Cependant, pour mettre fin à cette incurie, il importe précisément de déterminer de manière objective le processus à suivre et de fixer le montant à payer à chaque étape.
Cette tâche peut être très facile à arrêter dès lors qu’on peut se référer au passé ou à ce qui se passe ailleurs. Car, il est évident qu’à une certaine époque l’acquisition d’un passeport n’était pas aussi compliquée que maintenant.
À ce propos, les communs des mortels ne cessent de se demander ce que le ministère des Affaires étrangères vient faire dans la vente de cette pièce d’identité, alors qu’il s’occupe de la diplomatie. La plupart des cadres et agents de ce ministère se sont rabattus dans les combines qui mènent à l’achat des passeports au point d’abandonner leurs tâches administratives pour lesquelles ils sont payés par le trésor public. Ainsi, le gouvernement devrait-il clarifier les prérogatives du service chargé de cette tâche. Qu’en était-il avant le désordre actuel ?
En outre, pour réduire le coût du prix de passeport, le gouvernement devrait se pencher sur la question du producteur ou de l’imprimeur. Est-il rationnel de confier la fabrication des passeports congolais à une firme étrangère, alors que l’hôtel des monnaies de la Banque centrale du Congo dispose d’une imprimerie de haut standing, capable de réaliser ou même de faire plus que ce qui est sur le marché actuellement?
Le désordre voulu et organisé dans le processus d’octroi du passeport a causé beaucoup de préjudices à certains compatriotes qui ont raté des voyages d’études ou des soins de santé.
Le moment est venu de remettre de l’ordre dans ce secteur en mettant hors d’état de nuire tous ces réseaux qui se sont créés pour compliquer la tâche aux nombreux demandeurs des passeports et qui se sont enrichis à leur dépens.
Muke MUKE