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Plusieurs mois après les élections municipales : Aucune nouvelle des conseils communaux
Les élections municipales et locales se sont déroulées le même jour que la présidentielle et les élections législatives nationales et provinciales. Alors que le président de la République réélu a déjà repris ses fonctions, que les députés nationaux s’apprêtent à mettre en place les membres de leur Bureau définitif et que les députés provinciaux ont voté les gouverneurs de province hormis quelques-unes, nous n’avons aucune nouvelle des conseils communaux. Sauf qu’il y a quelques temps, nous avons enregistré des plaintes de certains conseillers communaux qui ont stigmatisé le fait qu’ils ne disposaient pas de cadre de travail leur permettant de se réunir pour s’acquitter de leurs prérogatives constitutionnelles.
Cette situation complique le fonctionnement normal de l’Etat parce qu’en principe c’est à la base que les choses doivent être en règle. Mais, en RDC, nous vivons un scénario atypique. Au sommet, nous n’avons pas un gouvernement responsable quand bien même la Première ministre a été nommée par le président de la République depuis près d’un mois. Selon les informations dignes de foi, la cheffe du gouvernement serait bloquée par la gloutonnerie des chefs de partis politiques qui tiennent mordicus à faire partie de l’équipe de Mme Judith Suminwa. La conséquence directe de cette malheureuse situation est la léthargie dans laquelle est plongée la RDC. Tout est à l’arrêt !
Pour revenir à ce qui se passe dans les conseils communaux, nous devons souligner que leur non-mise en place bloque l’élection des bourgmestres de commune. Tant que le statu quo persiste, les bourgmestres actuels restent en fonction. Sachant qu’ils sont là pour quelques instants seulement, ils ne peuvent pas poser des actes allant dans le sens du bien commun. Nous en voulons pour preuve le tableau actuel de nos municipalités. Celles-ci sont dans l’abandon total. Les bourgmestres en place n’ont pris aucune initiative pour faire progresser leurs entités. Même les simples itinérances ne sont pas effectuées. Il y a des bourgmestres que leurs administrés n’ont jamais aperçus dans leurs quartiers. Grave encore, les jours de samedi consacrés aux travaux collectifs appelés « salongo », ils ne font pas la ronde de leurs communes pour évaluer la qualité des travaux exécutés par leurs administrés, surtout les riverains des marchés pirates installés par-ci par-là. Ils sont préoccupés par les montants versés, à la fin de la journée, par leurs agents percepteurs déployés sur le terrain. Avec un peu de bonne volonté et de transparence, ils sont capables de poser tant soit peu des actions à impact visible. Mais par mauvaise foi, ils ne le font pas parce que ce sont leurs intérêts qui priment avant tout.
Tant qu’au niveau local l’Etat ne fonctionne pas à 100 %, il est inconcevable d’envisager un quelconque développement du pays. Dans le cas des conseils municipaux, à qui revient la responsabilité de poursuivre le cycle électoral jusqu’à son épuisement total ? Nous pensons que c’est le gouvernement qui doit donner des moyens appropriés à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour organiser l’élection des membres des bureaux de conseils communaux ainsi que des bourgmestres.
L’Etat doit éviter de retomber dans l’erreur du passé où il a créé des institutions sans avoir prévu leurs infrastructures d’accueil. Pour preuve, certaines assemblées provinciales issues des élections de 2006 n’ont pas de sièges officiels, mais continuent à tenir leurs réunions dans des bâtiments qu’elles louent. C’est aussi le cas de certains ministères dont les agents et même les cadres ne disposent pas de bureaux. C’est une honte pour la République toute entière.
Il existe beaucoup de choses auxquelles ceux qui tiennent à tout prix à occuper les postes ministériels et autres responsabilités sont obligés à apporter des innovations dans la conduite de la res publica. Sinon, le pays va toujours tourner en rond, et être la risée de l’humanité. Même si nos partenaires ne nous le disent pas publiquement, en privé ils nous critiquent sévèrement. Muke MUKE