Dernière minute
Société
Dans le cœur battant de Kinshasa, la lutte contre les inondations gagne du terrain. Dans le regroupement communal de la Funa, les travaux de construction des murs de soutènement le long de la rivière Kalamu affichent désormais un taux d’exécution de 80 %, signe d’une avancée significative vers…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Avocats Sans Frontières (ASF) a lancé un projet d’assistance judiciaire à la prison centrale de Makala. Cette initiative permettra aux ONG locales travaillant avec AVS…
Étranger
La République du Honduras a décidé de suspendre sa reconnaissance de la pseudo "rasd".
Cette décision a été communiquée à M. Nasser Bourita, ministre des Affaires…
Nation
Un débat politique et diplomatique aux contours sensibles agite la scène congolaise depuis l’annonce de discussions entre Kinshasa et Washington sur l’accueil temporaire de migrants afghans, dont…
PLUIES DILUVIENNES A KINSHASA : Les Kinois paient lourdement les frais de leur incivisme
Après la forte pluie qui s’est abattue sur toute la ville de Kinshasa la nuit du vendredi 5 au samedi 5 avril dernier, les dégâts tant humains que matériels sont innombrables à comptabiliser. Le bilan exact sera difficile à fixer. A Matadi Mayo, dans la commune de Mont Ngafula, six enfants d’une même famille ont trouvé la mort suite à l’écroulement du mur de la parcelle voisine. Du côté de Mitendi, à la sortie de la ville de Kinshasa vers Matadi, une autre petite localité dite Millénium, on y a enregistré cinq morts. Dans la localité appelée cité Pumbu, dans le quartier Matadi Mayo, dans la commune de Mont Ngafula, cinq corps y ont été repêchés de décombres d’une maison. À travers toute la capitale, de pareilles catastrophes ont été enregistrées.
À la Tshangu, le débordement de la rivière Ndjili a plongé cette partie de la ville dans la désolation totale. Jusqu’hier dimanche 6 avril, certaines maisons étaient encore sous l’eau.
L’église Shekinah et les maisons environnantes ont été englouties. Les dégâts les plus désastreux ont été constatés aux quartiers Ndanu et Vallée à Limete/Salongo. L’une des conséquences de cette catastrophe a été la perturbation de la circulation sur le boulevard Lumumba.
Des corbillards rebroussent chemin
Plus loin à l’ouest sur la route Matadi, des corbillards ont dû rebrousser chemin avec, des corps, parce qu’incapables de dépasser le niveau de l’arrêt Mitendi, à cause des embouteillages monstres que cette pluie a occasionnés pratiquement dans toutes les communes.
A ce niveau, seule une seule bande est accessible aux véhicules, l’autre étant menacée par une forte érosion qui va d’ici-là couper la Nationale n°1 en deux si une intervention urgente n’est pas organisée.
Si de telles catastrophes surviennent avec une telle ampleur, il faut reconnaître la responsabilité des habitants de Kinshasa à cause de leur incivisme. Nous citerons à titre exemplatif le cas du quartier Ndanu. Régulièrement et ce depuis des lustres, les crues de la rivière Ndjili y ont toujours provoqué des dégâts incommensurables.
Pour faire face à cette situation aux conséquences fâcheuses, le Gouvernement congolais avait conclu un accord avec l’Agence française de développement (AFD) pour la construction d’une digue, la seule solution idoine pour prévenir les ravages dont ce quartier est régulièrement victime.
Contre toute attente, les habitants de Ndanu se sont permis de chasser les enquêteurs de cette agence pour des raisons inexpliquées et incompréhensibles. Conséquence de cet acte, le projet de construction de cette digue a été stoppé net. Aujourd’hui, ces inciviques sont en train de payer cash les frais de leur comportement répréhensible.
La responsabilité du gouvernement
"Gouverner, c’est prévoir" dit un adage. Au regard des dégâts causés par l'averse du week-end dernier, si le gouvernement avait pris des précautions adéquates, le pire aurait pu être évité. Pour preuve, l'Exécutif congolais n’a pas tenu compte d’un rapport de l’agence Mettelsat rendu public le 10 mars 2025. Elle a annoncé à cette occasion de fortes pluies accompagnées des vents violents dans les villes de Kinshasa et de Brazzaville, aux mois de mars et avril de cette année.
Selon cette agence de météorologie, ces fortes précipitations sont susceptibles de provoquer des inondations et des glissements de terrain, notamment dans de grandes agglomérations comme Kinshasa qui compte plusieurs millions d’habitants et où s’observe une promiscuité indescriptible.
Dans son rapport, Mettelsat prévenait déjà que les prochaines pluies à Kinshasa et à Brazzaville seraient plus violentes et risquaient de causer des dégâts incommensurables. C’est malheureusement ce que nous avons connu la nuit du vendredi 4 avril au vendredi 5 avril l’avant-midi.
Pourquoi le gouvernement a-t-il minimisé ce rapport de la Mettelsat, une agence créée par lui-même ? Si les autorités du pays n’ont pas de considération envers leur propre structure, pourquoi l’ont-elles mise en place?
conséquences de la Déforestation
Les pluies diluviennes annoncées par l’agence surnommée sont là la conséquence notamment de la déforestation au plateau de Bateke. Autrefois, considéré comme une ceinture verte dans la région du pool Malebo, le plateau de Bateke est aujourd’hui objet de la déforestation à grande échelle pratiquée par les autochtones, mais également par des exploitants de bois et certains dignitaires qui y achètent de grandes concessions, sans tenir compte des normes gouvernementales. Cela, malheureusement sous la barbe du ministère de l’Environnement et développement durable, incapable de réprimer ces inciviques, mais qui se contentent de percevoir les taxes qui ne vont pas généralement dans les caisses de l’État. Pourtant, ces exploitants devraient être contraints au reboisement.
Il y a également à déplorer l’obstruction des caniveaux, due en grande partie aux déchets ménagers déversés par les marchés pirates qui pullulent la ville. Aussi, les constructions anarchiques sur les voies d’évacuation... bref, un désordre urbain difficile à qualifier.
Face à ce qui s’annonce comme une véritable calamité, le gouvernement est appelé à prendre des mesures drastiques pour éviter le pire. Il y a déjà la guerre avec le Rwanda et ses supplétifs du M23 qui n’a pas encore pris fin. Il ne faut pas ouvrir un autre front de dépense pour l’enterrement des victimes des pluies torrentielles et la reconstruction des infrastructures qu’il sied de réhabiliter à temps opportun, au lieu d’attendre le moment des catastrophes. Muke MUKE