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Patrick Muyaya : « José Nawej restera une inspiration pour nous et plusieurs générations des journalistes »
Mesdames et Messieurs, en vos titres et qualités,? Lui, c’était le Maitre des mots.
Lui, c’était parmi les plus illustres historiens du présent et du passé, souvent présent dans l’histoire politique de la République Démocratique du Congo.
Tant les faits ou mieux disons l’histoire tant à se répéter, il connaissait les Hommes, les Femmes et tous les méandres de l’histoire politique de ces dernières décennies.
Il nous parlait et interpellait à travers ses éditos parfois tranchants mais toujours équidistants entre les faits et son opinion.
Sa plume me plongeait souvent dans des moments d’interrogations sur le sens de notre action. Et bien souvent, on trouvait l’angle pour réajuster les tirs et mieux avancer dans la bonne direction.
Il avait ce style qui ne pouvait laisser aucun décideur au pouvoir comme dans l’opposition indifférent.
Mesdames et Messieurs, en vos titres et qualités,
Je suis mal placé, peut-être encore trop jeune, pour raconter ce qu’ont été ses années d’engagement.
De José Nawej, très peu le savent, nous avions une relation très étroite remontant à mes premières années comme Conseiller à la Primature sous le Patriarche Antoine Gizenga puis sous Adolphe Muzito, il y a 16 ans.
J’ai découvert, entre-temps, que nous étions liés bien plus que par la profession de journaliste.
Entre nous, c’était aussi une histoire de sang. Ma mère, sa Sœur issue de la grande communauté Rund, a fait plusieurs fois l’objet de nos conversations et de nos rencontres.
Sa tendre et chère épouse, mes proches savent que nous nous appelions » Muyomba » en swahili traduisez en anglais » Uncle « .
Il était donc devenu pour moi, un Mentor. Celui que je consultais chaque fois sur de grandes questions.
Je me souviens qu’il a été, avec Willy Kalengay ici présent, ceux avec qui j’ai relu et corrigé mon texte à l’ouverture des Etats Généraux de la Communication et Médias parce qu’il fallait marquer ce moment en rappelant le cheminement de la profession et surtout en posant le bon diagnostic de l’exercice de notre métier au 21ème siècle.
Je ne saurai finir ce mot sans rappeler un de nos derniers échanges. Nous en avions de manière régulière. Et pour dire, il s’exerçait à me donner des cours de Rund. Dans chacune de nos conversations, il glissait des mots Rund.
Comme quand une fois il m’a demandé d’attendre, il a tout de suite traduit Chingel.
Le 06 octobre 2023, j’étais au Lualaba dans la suite du Président de la République. Il m’a écrit : » Tu es chez toi sur la terre de tes ancêtres. Ma sœur, comprenez ma Mère doit t’avoir déjà dit qu’on est matrilinéaire. Tu nous appartiens prioritairement « .
Je lui réponds : » le Président me dit le contraire ». Et il enchaine : » chez nous les Rund, c’est la Maman. Ce n’est pas parce que je suis du côté de Maman mais c’est comme ça « . Puis cette formule : » Twajikitish nakash« .
Enfin, à mon retour à Kinshasa avec les colis lui ramenés, il dit : » Kuvul kuwamp « .
Je vous épargne de tellement des détails mais nos derniers échanges concernaient le mariage de ma sœur, sa fille aînée, prévu pour ce mois.
Je connais chacune de mes sœurs avant même de les avoir rencontrées tellement, il était attaché à sa famille, notre famille.
José Nawej, ce fut donc un confrère, un oncle, un beau-père, un mentor, un ami, lui qui à chaque fois avant de raccrocher me disait « salue ma sœur et ma fille ».
C’est donc une grosse perte pour nous.
A ma tante et à mes sœurs, assurez-vous que je continuerai à jouer le rôle qu’il a bien voulu me confier vis-à-vis de vous.
A la grande équipe de Forum des As, difficile de trouver les mots.
Mais vous pouvez toujours compter sur nous.
Il restera une inspiration pour nous et pour plusieurs générations des journalistes.
Je vous remercie.
Patrick MUYAYA KATEMBWE, Ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement