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Offrande du Service national au camp Tshatshi : le sac de farine de 25 kgs vendu à 18.000 FC
Un sac de farine sur la tête, entre les bras, sanglé à l'arrière d'une moto ou posé sur une charrette improvisée… hier mercredi matin au camp militaire Tshatshi, chacun s'organise comme il peut. Mais tous repartent avec le même sentiment : celui d'avoir été regardés, écoutés, considérés.
Il est un peu plus de 9 heures lorsque les premiers sacs de farine commencent à être déchargés. Une ambiance à la fois solennelle et fraternelle enveloppe l'enceinte. Mères de famille, jeunes recrues, blessés de guerre, retraités discrets, personnels civils… tous alignés, cartes en main, patientent dans le calme. Devant eux, quatre camions-remorques regorgeant de sacs de farine de maïs : 4 000 au total, conditionnés en sacs de 25 kg.
" C'est la première fois que je peux en acheter deux d'un coup ", confie une femme de militaire, serrant son ticket comme un talisman. " Grâce à cette initiative, je peux nourrir mes enfants pendant tout le mois. Papa Fatshi, que Dieu le bénisse ! "
Le prix ? 18 000 francs congolais. Un montant trois à quatre fois inférieur à celui du marché, où la même quantité s'échange autour de 75 000 FC. Une opération rendue possible grâce aux instructions fermes du commandant suprême des FARDC, le Président Félix-Antoine Tshisekedi.
"Ce n'est pas un geste humanitaire, c'est un acte de justice sociale"
Sur place, le Lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national, tient à superviser personnellement le bon déroulement de cette distribution. Tout est passé au peigne fin : respect des files, discipline, dignité.
" Ce n'est pas un geste humanitaire, c'est un acte de justice sociale. Celui qui sert son pays ne doit pas vivre dans la détresse ", martèle le général. " Cette opération répond à une vision : celle d'un État qui assume son devoir envers ses défenseurs."
Dans cette organisation millimétrée, les files sont claires : officiers d'un côté, familles de soldats de l'autre, blessés de guerre, veuves et civils affectés au camp chacun attend son tour avec retenue et gravité. Mais les mots de reconnaissance fusent, sincères et vibrants.
" Je suis un blessé de guerre. Et pourtant, aujourd'hui, je peux rentrer chez moi avec de quoi nourrir ma famille. Ce n'est pas rien. Merci au chef de l'État. Merci au Service national. "
" Ce n'est que sous ce régime que nous bénéficions de telles actions. On double notre solde, et aujourd'hui on nous vend le maïs à prix social. C'est concret, c'est efficace."
" Cette farine, ce n'est pas juste de la nourriture. C'est du respect. C'est la reconnaissance de nos sacrifices ", murmure un sergent, sac sur l'épaule, avant de disparaître lentement dans une allée poussiéreuse du camp.
Mais l'opération de ce jour n'est que la partie visible d'un projet beaucoup plus ambitieux. Car au cœur du camp Tshatshi, un chantier stratégique bat son plein : celui de la nouvelle minoterie du Service national. En phase de montage, cette installation moderne devrait entrer en service d'ici fin août. Avec une capacité de production de 100 tonnes par jour, elle permettra de transformer localement le maïs cultivé par le Service national, réduisant les coûts et garantissant une autonomie d'approvisionnement pour les forces armées.
Et ce n'est pas tout : à Kanyama Kasese, une autre minoterie encore plus vaste est en construction. Objectif : cinq millions de sacs produits par an. De quoi faire du Service national un acteur central de la souveraineté alimentaire en RDC.
Depuis septembre 2021, le Service national approvisionne sans relâche les cantines militaires en farine de maïs. Mais à Tshatshi, hier 16 juillet, un cap semble franchi. L'État, par cet acte concret, donne visage à la solidarité et restaure un lien de confiance avec ceux qui veillent sur lui, fusil à l'épaule et foi au ventre.
Alors que les derniers sacs s'amenuisent, que les voix se taisent et que les familles regagnent leurs quartiers, un sentiment reste suspendu dans l'air : celui d'un geste qui dépasse la farine. Un geste qui restaure l'humain, qui conforte la dignité, et qui, surtout, nourrit l'honneur de servir.
FDA