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Nord-Kivu : 45 civils massacrés à Lubero, une journée de deuil décrétée
Le territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu, est plongé dans une situation calamiteuse après le massacre d’au moins 45 civils dans la nuit du 15 au 16 août 2025 dernier. Le drame s’est déroulé dans cinq villages du groupement de Bapaitumba, situé dans le secteur de Bapere, une région déjà fragilisée par les violences répétées des groupes armés.
Face à l’ampleur de la tragédie, Macaire Sivikunulwa, chef du secteur de Bapere, a décrété une journée de deuil ce lundi 18 août. Il a appelé les habitants à observer un moment de recueillement en mémoire des victimes.
«Nous demandons à toute la population d’adopter une attitude de deuil pour pleurer nos compatriotes assassinés à Bapaitumba», a-t-il déclaré.
Selon des témoignages locaux et des sources sécuritaires, les auteurs de cette tuerie seraient des ADF.
À Melia, village le plus durement frappé avec près de 30 personnes tuées à la machette, des rescapés affirment avoir reconnu les assaillants comme appartenant à ce mouvement terroriste.
La population et la société civile dénoncent l'inéfficacité des opérateurs en cours
Les violences semblent être une réaction désespérée des ADF, traqués depuis plusieurs jours par une opération militaire conjointe entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF). Depuis le 13 août, la présence des AFC est signalée dans plusieurs zones du secteur, semant la terreur et obligeant des familles entières à fuir.
Malgré les efforts de cette coalition militaire, la population et la société civile dénoncent l’inefficacité des opérations en cours. Elles réclament une révision stratégique afin de prévenir de nouvelles atrocités.
La Croix-Rouge, avec le soutien des autorités provinciales, est intervenue pour procéder à l’inhumation commune des victimes, dans un contexte de douleur profonde.
Ce nouveau carnage met, une fois de plus, en avant la vulnérabilité des populations civiles dans cette région de l’Est congolais, abandonnée depuis trop longtemps à l’insécurité.
Pascal NDUYIRI, au Nord-Kivu