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Nancy Pelosi à Taiwan :Pékin rappelle les 5 NON convenus avec Washington !
Alors que sa responsabilité dans la guerre d’Ukraine est établie du fait du non-respect de la parole donnée à la Russie de ne pas rapprocher l’Otan de sa ceinture de sécurité constituée d’Etats autrefois membres du Pacte de Varsovie, guerre qui se révèle destructrice plus pour les Ukrainiens que pour les Occidentaux, Washington veut ouvrir un front pouvant se révéler plus dangereux que celui en cours en Europe de l’Est…
Ce front se corse à cause de la visite qu’effectue depuis ce mardi 2 août 2022 la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi à Taiwan, entité territoriale reconnue pourtant par 181 pays membres de l’Onu, Etats-Unis compris, comme étant une province à part entière de la République Populaire de Chine.
En effet, en réaction à cette provocation, le ministère chinois des Affaires étrangères considère qu’il s’agit d’une violation «grave du principe d’une seule Chine» et des «dispositions des trois communiqués conjoints sino-américains» impactant selon ses termes «gravement le fondement politique des relations sino-américaines», violant «gravement la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine», sabotant tout aussi «gravement la paix et la stabilité dans le détroit de Taiwan» et envoyant en même temps «un grave signal erroné aux forces sécessionnistes visant l’’indépendance de Taiwan».
Rappelant dans sa note de protestation l’existence d’une seule Chine et dont Taiwan fait partie et soulignant que «Cela est explicitement consacré par la résolution 2758 de l’Assemblée générale des Nations Unies en 1971», Pékin insiste sur le fait que «Le principe d’une seule Chine est un consensus universel de la communauté internationale et une norme fondamentale régissant les relations internationales».
S’agissant des relations bilatérales avec les États-Unis, la Chine signale qu’«En 1979, les Etats-Unis ont, dans le Communiqué conjoint sino-américain sur l’établissement des relations diplomatiques, confirmé clairement l’engagement» selon lequel «Les Etats-Unis d’Amérique reconnaissent le gouvernement de la République populaire de Chine comme l’unique gouvernement légal de la Chine. Dans ce contexte, le peuple des Etats-Unis maintiendra des relations culturelles, commerciales et d’autres relations non officielles avec la population de Taiwan».
Dès lors qu’il fait partie de l’ordre institutionnel américain constitutionnellement établi, le Congrès est naturellement tenu au devoir «d’observer scrupuleusement la politique d’une seule Chine du gouvernement américain et s’abstenir de tout échange officiel avec la région de Taiwan de la Chine».
Aussi, de tout temps, Washington sait que Pékin s’oppose à des visites des officiels américains à Taiwan et il revient au gouvernement américain d’y veiller.
TOUT D’UN CASUS BELLI
Pour la RPC, la visite de Nancy Pelosi à Taïwan est ni plus, ni moins qu’«une provocation politique majeure pour rehausser les échanges officiels entre les Etats-Unis et Taiwan. La Chine ne l’accepte jamais. Le peuple chinois le rejette absolument».
Déjà, pour Pékin, «La question de Taiwan est la question la plus importante, la plus centrale et la plus sensible dans les relations sino-américaines». Partant, le gouvernement chinois déplore la propension du gouvernement américain à chercher à changer l’ordre établi. Et manifestement, ce dernier promeut la sécession de Taiwan.
C’est comme si Washington était favorables aux indépendantistes corses et calédoniens en France, aux Catalans en Espagne, aux Flamands en Belgique. «Ce sont des actes incendiaires extrêmement dangereux. Ceux qui jouent avec le feu finiront par se brûler», prévient Pékin qui met en exergue sa position constante sur Taiwan. A savoir «Défendre résolument la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays est une volonté ferme des plus de 1,4 milliard de Chinois» et «Réaliser la réunification complète de la patrie est l’aspiration commune et une responsabilité sacrée de toutes les Chinoises et de tous les Chinois». Et Pékin d’insister : «Aucun pays, aucune force ni aucun individu ne doit mal estimer la détermination résolue, la ferme volonté et la forte capacité du gouvernement et du peuple chinois pour défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays, et réaliser la réunification de la patrie et le renouveau de la nation».
Relevant le fait que «la bonne voie de se traiter l’un l’autre ne peut qu’être le respect mutuel, la coexistence pacifique, la non-confrontation et la coopération gagnant-gagnant», la République Populaire de Chine «exhorte solennellement les Etats-Unis à cesser de jouer la ‘carte de Taiwan’ et de contenir la Chine en utilisant Taiwan, à cesser d’intervenir dans les affaires de Taiwan et de s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine, à cesser de soutenir et d’enhardir sous quelque forme que ce soit les forces sécessionnistes visant l’»indépendance de Taiwan», à cesser de parler d’une façon et agir d’une autre sur la question de Taiwan, et à cesser de dénaturer, d’obscurcir et de vider le principe d’une seule Chine», bref à «observer scrupuleusement par des actions concrètes le principe d’une seule Chine et les dispositions des trois communiqués conjoints sino-américains».
C’est à ce niveau de son communiqué que le ministère des Affaires étrangères chinois rappelle aux Américains l’effectivité de l’engagement des «5 Non» fondant leurs relations :
– primo, les Etats-Unis ne cherchent pas à faire une nouvelle guerre froide avec la Chine ni à changer le système de la Chine,
– secundo, la revitalisation de leurs alliances n’est pas anti-Chine,
– tertio, les États-Unis ne soutiennent pas l’»indépendance de Taiwan «
– quarto, les États-Unis ne recherchent pas le conflit avec la Chine, et
– quinto, les Etats-Unis doivent s’abstenir d’aller encore plus loin sur la voie erronée et dangereuse.
Aussi, la visite de Nancy Pelosi ayant tout d’un casus belli, les observateurs avertis s’interrogent sur les desseins réels de Washington d’ouvrir un nouveau front pendant que les différents feux allumés en Ukraine, au Proche et au Moyen Orient, en Afrique subsaharienne se révèlent inextinguibles.
Mieux ou pire : ils se demandent à juste titre ce qui adviendrait du monde si ceux qui doivent servir de modèle dans le respect des engagements pris devenaient les premiers à les violer !
Dans certaines régions en proie à l’insécurité organisée, c’est là un très mauvais exemple.
SM/Correspondance particulière