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"MORTS" PENDANT LA CROISADE DE L'AFC-M23 DANS L'EST : Des courtisans opportunistes "ressuscitent" après Washington!
* Haro aux politiciens chauve-souris !
On ne les a plus, ni vus à la télé ni entendus sur les ondes. D'aucuns avaient même pensé (avec raison?) qu'ils avaient déjà pris leur retraite politique. Pas une devinette. Vous avez, sans doute, compris qu'il s'agit des acteurs politiques aigris, disparus de la scène après la formation du Gouvernement Suminwa, fin mai 2024.
Pis. Quand les principales villes des provinces de l'Est de la RD Congo (Goma et Bukavu), tombent sous le contrôle de la coalition Alliance Fleuve Congo- M23, ces mêmes acteurs politiques s'étaient illustrés par un silence plat (complices?).
Pas de matinée politique dans les états-majors de leurs partis politiques pour dénoncer. Pas non plus de déclaration publique pour condamner l'entreprise des rebelles dans l'Est. Bien au contraire, tous évitaient de prendre position et se gardaient toute déclaration dans les médias.
UNE ADHESION IMPLICITE?
Le silence, dit-on, est la pire des communications. En temps de crise, elle donne souvent lieu à de diverses interprétations. Il semble que c'est aussi ça, le péché qu'une fraction de l'opinion n'entend pas pardonner au prédécesseur de l'actuel chef de l'Etat congolais, Félix-Antoine Tshisekedi.
Sans aucune intention de vouloir remuer le couteau dans la plaie, tout le "malheur" de Joseph Kabila aura été - selon ceux qui lui en veulent à perpétuité - son mutisme absolu, pendant que l'AFC-M23 prenait le contrôle des agglos stratégiques de l'Est.
Doit-on dès lors, comprendre que le silence de JKK a été cette maladie très contagieuse qui a contaminé nombre d'acteurs politiques pendant les années glorieuses de la coalition AFC-M23?
Toutes proportions gardées, l'attitude de nombreux acteurs politiques, pendant l'avancée des troupes de Corneille Nangaa, a rappelé, à quelques similitudes près, celle des opposants au régime de Mobutu, lors de la guerre de l'Alliance des forces de libération (AFDL), sous la conduite de Laurent-Désiré Kabila.
Alors que les principales villes et cités de l'Est, du Sud-est et du Nord-Est du pays tombaient sous le contrôle de l'AFDL, à Kinshasa, l'anti-pouvoir d'alors suivait l'évolution de la situation dans une posture de soutien moral aux rebelles. Normal, parce que tous ayant honni le régime de Mobutu, avaient cru au triomphe final de M'zee et ses troupes. La comparaison devrait donc s'arrêter là.
TOUS "RESSUSCITES" APRES WASHINGTON
Blanchis sous le harnais, nombre d'observateurs persistent et signent que les politiciens, taiseux pendant que la guerre dans l'Est avait atteint son paroxysme, avaient implicitement adhérer à l'"aventure" de l'AFC/M23. En tout cas, tous ont été convaincus que Nangaa arriverait jusqu'à Kinshasa. Par conséquent, toute déclaration politique de condamnation, de dénonciation des actes de la rébellion, a été contre-productive. A la limite, une auto-marginalisation lors de la redistribution des cartes par le nouveau régime. Ceci justifierait donc cela.
Il eut donc fallu que la Rd Congo et le Rwanda endossassent un accord de paix, le 27 juin 2025 à Washington, pour que des courtisans opportunistes, "ressuscitent".
Sans gêne ni scrupules, les uns ripolinent la façade - alors que d'autres, sans embarrasser de circonlocutions- remakent leurs palimpsestes. Les mêmes qu'ils ont écrits sous Joseph Kabila, contre l'opposition d'hier -aujourd'hui aux Affaires au plus haut sommet délégation. Ridicule!
Après la signature de cet Accord, diversement commenté dans différents états-majors politiques à Kinshasa et ailleurs, les mêmes acteurs situationnistes refont surface. Cette fois-ci, avec des messages de soutien à l'Accord, amplifiés par des sermons de remerciements au Président Felix-Tshisekedi. Un folklore politique bien de chez nous!
LE TEMPS DE RENIEMENT
Cependant, ces flagorneurs donnent l'impression d'oublier que Félix Tshisekedi, pour avoir longtemps évolué dans l'ombre de son défunt père, feu Etienne Tshisekedi, a la parfaite maîtrise de la classe politique du Congo-Zaïre. Celle-ci se définit, entre autres, comme espace de reniements, de déloyauté, d'hypocrisie, de manque de conviction idéologique.
En mille mots comme en cent, Fatshi sait. Il connaît le terrain, le jeu et les joueurs. Il sait qui lui est réellement loyal, qui l'est juste à cause de son positionnement actuel.
De même que la fidélité d'une femme se mesure à l'aune de la situation financière de son partenaire, celle des acteurs politiques congolais s'apprécient, selon qu'ils soient aux affaires ou pas. Pas donc étonnant d'entendre ce jour- non sans pincement au cœur- des acteurs politiques renier publiquement Joseph Kabila, alors qu'ils doivent leur opulence actuelle à ce dernier.
Dans un pays comme la RDC où la politique demeure l'emploi tant rêvé des personnes encore actives, Joseph Kabila avait donné du contenu réel à l'existence sociale de la plupart des acteurs politiques, tanguant naguère entre la déshérence et le bien-être apparent. Hélas ! Ce sont ceux-là mêmes qui le renient à ce jour.
Rien donc de nouveau sous le soleil. Si déjà l'apôtre Pierre l'avait fait vis-à-vis de son Maître Jésus-Christ de Nazareth, pour se soustraire du courroux de ceux qui se trouvaient dans la cour du grand prêtre, à combien plus forte raison les humains?
A la différence avec les dirigeants congolais, le Fils de Dieu savait que Pierre le renierait trois fois, avant le deuxième chant du coq. Et, Il l'avait prévenu. Ceux qui dirigent le pays aujourd'hui, à quelque niveau du pouvoir, ignorent encore qui les reniera demain. Hélas.
Grevisse KABREL