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Mort de Maman Blanche : la famille de la défunte et le pasteur Marcello s'affrontent sur fond de soupçons et de succession
Plus d'un an après le décès tragique de Blanche Kandolo Odia, survenu le 12 juin 2024 à Istanbul, en Turquie, les tensions familiales refont surface et s'intensifient. Dans un communiqué publié mardi 05 août, la famille paternelle de la défunte exprime publiquement ses doutes sur les circonstances du décès et met en cause son époux, le pasteur Marcelo Jérémie Tunasi. Ce dernier, figure bien connue de l'Eglise du Réveil, dénonce quant à lui un " chantage " et des " accusations mensongères ", dans ce qui ressemble désormais à un affrontement mêlant douleur, suspicion, spiritualité et conflit d'héritage.
La déclaration, signée par la branche paternelle de la famille Kandolo, ne laisse aucune ambiguïté sur le climat de méfiance qui règne. La famille affirme avoir volontairement gardé le silence pendant plus d'un an, le temps, selon ses mots, de " réunir des éléments " qui la poussent à " émettre un doute sérieux " sur la version officielle du décès de Blanche.
Ce qui soulève le plus d'indignation chez les proches, c'est d'avoir appris la nouvelle sur Internet, comme le reste du monde.
" Informée sur le Net comme le reste du monde, la famille a appris le décès inopiné de Blanche, le rapatriement très expéditif de son corps ainsi que la volonté manifeste de dissimulation de vérité caractérisée par le refus catégorique de nous laisser examiner le corps de notre regrettée. "
Ils dénoncent un rapatriement du corps jugé "expéditif ", des funérailles " à la va-vite " et surtout, un "refus catégorique " de leur permettre d'examiner la dépouille de la défunte. Une attitude interprétée comme la manifestation d'une volonté de " dissimulation de vérité ".
La famille évoque aussi un changement de récit concernant les circonstances de la mort. Le certificat de décès mentionne une cause indéterminée, une conclusion jugée " lapidaire " et insatisfaisante. Elle annonce envisager de porter l'affaire devant les instances compétentes pour " que lumière soit faite "
" Le changement intempestif de version sur la cause du décès et la conclusion lapidaire du certificat médical qui qualifie cette mort de cause indéterminée nous renforcent dans notre volonté de saisir les instances compétentes pour que lumière soit faite ", renseigne ce communiqué.
Réplique du pasteur Tunasi : " Je n'ai pas tué la mère de mes enfants "
En réponse à ces accusations, le pasteur Marcelo Tunasi est sorti de son silence dimanche dernier. Dans une intervention publique très suivie à Kinshasa, il a livré sa version des faits : sa femme serait décédée des suites d'un arrêt cardiaque après une intervention chirurgicale à Istanbul. Il dit l'avoir rejointe en Turquie juste avant l'opération, et assure qu'elle est morte à l'hôpital, dans un contexte strictement médical.
Face aux insinuations de responsabilité dans cette mort, il a été catégorique : " Je n'ai pas tué la mère de mes enfants. Lorsqu'on devient grand dans ce pays, tout décès autour de toi devient suspect ", a-t-il lancé.
Quant au rapatriement rapide du corps, il affirme avoir mobilisé ses relations personnelles pour accélérer les procédures. " Quand tu as les moyens, ça peut aller vite ", a-t-il justifié.
Mais l'affaire prend une autre dimension avec l'entrée en scène du contentieux successoral. Le pasteur évoque une réclamation de 800 000 dollars formulée par la famille de Blanche, à la suite d'un projet immobilier qu'il avait lancé à Bibwa, en mémoire de son épouse, au profit de sa belle-mère. Il affirme avoir proposé un montant de 250 000 dollars à répartir entre les deux branches familiales, ce que la famille aurait refusé, exigeant la somme évoquée.
" J'ai dit que je ne pouvais pas. Ce n'est pas juste ", a-t-il déclaré, affirmant que cette somme avait été exigée officiellement par voie d'avocat.
Le rôle de liquidateur des biens est également contesté. Certains membres de la famille souhaiteraient que cette mission revienne à la mère de la défunte. Marcelo Tunasi rejette cette demande.
" Comment peut-on demander que quelqu'un d'autre liquide mes biens alors que je suis vivant ? " Il précise avoir engagé un inventaire légal, dans le respect du régime de communauté de biens, et assure que la part des héritiers serait inférieure à 150 000 dollars.
Campagne de diffamation
Le ton monte encore d'un cran lorsque le pasteur évoque des menaces, des campagnes de diffamation et des pressions venant de membres de sa belle-famille. Il affirme avoir reçu un appel anonyme depuis l'Afrique du Sud, contenant des menaces claires : " Donne-nous l'argent, sinon nous allons te détruire. "
Il dénonce également l'usage d'enregistrements vocaux attribués à Blanche, envoyés à sa mère, selon lui sortis de leur contexte pour ternir sa réputation. " En 18 ans, jamais nous n'avons parlé de divorce. Je ne l'ai jamais frappée, jamais insultée ", insiste-t-il.
Un remariage qui attise les tensions
Le remariage de Marcelo Tunasi, célébré en juillet dernier à Bruxelles avec Esther Aïcha, a ravivé les soupçons et nourri les rumeurs. Le pasteur nie toute relation antérieure à la mort de Blanche : " Je l'ai rencontrée après le départ de Blanche, par un ami. Elle n'était jamais venue à Kinshasa avant." Il réfute aussi les allégations d'une prétendue fréquentation au Canada, en affirmant n'avoir obtenu de visa que deux fois avant le décès de son épouse.
Un autre point de discorde concerne la remise des effets personnels de Blanche. Des membres de la famille auraient affirmé que les habits de la défunte leur avaient été remis dans des sacs poubelles. Tunasi réfute catégoriquement.
" Ce sont des valises et de grands sacs. Ils ont même dû utiliser un bus pour tout emporter ", assure-t-il, précisant qu'il dispose de photos à l'appui.
Bataille spirituelle
Dans son intervention, le pasteur de la Compassion a tenu à rappeler à ses fidèles que l'Église est, selon lui, la véritable cible de cette offensive.
" Ce combat est spirituel. L'Église est visée, pas seulement moi ", a-t-il déclaré, invoquant même un soi-disant " esprit du Léopard " qu'il perçoit comme une force malveillante.
Il a appelé à la prière et à l'amour, citant Matthieu 5:44 : " Priez pour ceux qui vous calomnient. " Il a aussi annoncé que cette sortie publique serait l'avant-dernière, la dernière devant intervenir " dans les mois à venir ".
Une entrevue imminente
La famille Kandolo promet une " entrevue imminente " des responsables pour apporter des explications supplémentaires. Elle dit se préparer à saisir la justice afin que " lumière soit faite ".
Entre deuil, accusations, guerre de succession et rivalités médiatisées, le dossier autour du décès de Blanche Kandolo Odia reste plus que jamais ouvert. Et les prochains épisodes pourraient bien se jouer devant les tribunaux.
Christian-Timothée MAMPUYA