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Médiation entre PHC et les communautés locales : RIAO-RDC appelle à un dialogue direct entre les parties prenantes
Le Réseau d’Informations et d’Appui aux ONGs (RIAO-RDC), a exprimé de vives critiques, mais constructives, à l’encontre du Mécanisme indépendant d’examen des plaintes (ICM), une initiative conjointe des banques de développement allemande «Deutsche Investitions- und Entwicklungsgesellschaft» (DEG), néerlandaise «Financierings-Maatschappij voor Ontwikkelingslanden (FMO) et de Proparco, filiale de l’Agence française de développement (AFD) dédiée au secteur privé.
Conçu pour faciliter la médiation entre Plantations et Huileries du Congo (PHC) et les communautés locales, ce dispositif, selon Jean-François Mombia président de RIAO-RDC, n’a pas atteint les objectifs escomptés. Appelant à tourner la page d’une médiation jugée inefficace, il plaide désormais pour un dialogue direct et renforcé entre PHC et les communautés, sans intervention d’un médiateur externe, afin de bâtir une relation plus sincère et durable.
Les origines d’un processus prometteur
Lancé en 2018 à la demande des représentants des communautés locales, avec le soutien d’organisations telles que le RIAO-RDC, le mécanisme ICM avait comme objectif d’examiner des plaintes liées à des abus présumés, notamment des arrestations arbitraires et des licenciements abusifs. «Notre démarche n’avait pas pour but d’accuser PHC, mais de présenter les doléances des communautés locales», précise Jean-François Mombia.
Le processus de médiation avait été confié à un Groupe d’experts indépendants (IEP), spécialisé en droits humains et en médiation communautaire, sous la supervision d’un médiateur principal. Sous l’égide de ce groupe, PHC et les représentants des communautés locales ont entamé un dialogue structuré.
Bilan mitigé
Malgré des débuts encourageants, le processus a été suspendu pendant la pandémie de Covid-19, avant de reprendre en 2021, sous la conduite d’un nouveau médiateur. En mars 2023, des accords ont été signés à Mbandaka et à Kisangani, visant à apaiser les tensions et à améliorer les relations entre PHC et les communautés.
Cependant, selon Jean-François Mombia, ces avancées n’ont pas suffi à combler les attentes. «La médiation s’est transformée en un processus coûteux et inefficace, semblant davantage profiter au médiateur qu’aux communautés locales. Des sommes considérables ont été dépensées pour des voyages et réunions sans impacts tangibles. Ces ressources auraient pu servir à des projets concrets comme la construction de routes ou le développement agricole», déclare-t-il.
Jean-François Mombia critique également la gestion du médiateur, dénonçant une centralisation des décisions et un rejet des propositions constructives de collaboration. «Un médiateur doit être à l’écoute de toutes les parties prenantes pour refléter leurs points de vue. L’objectif initial de cette médiation était de transformer les relations conflictuelles en une coopération mutuelle axée sur des objectifs communs. Malheureusement, cette vision a été compromise par une approche trop centralisée et un manque d’ouverture», déplore-t-il.
Une nouvelle approche : le dialogue direct
Convaincu de la nécessité de réinventer les modalités d’interaction entre les entreprises et les communautés locales, Jean-François Mombia plaide désormais pour un dialogue direct entre les parties prenantes, sans intermédiaires.
«La médiation avait pour objectif de faciliter la résolution des différends et de créer un espace de concertation. Mais après six années de médiation, il est clair que cette approche n’a pas produit les résultats escomptés. Pourquoi les communautés et la société PHC ne pourraient-elles pas échanger directement, dans un cadre de confiance et de respect mutuel, sans recourir à un médiateur externe ? Un dialogue direct a le potentiel de renforcer durablement les liens et d’améliorer la compréhension mutuelle», a-t-il affirmé.
Mombia insiste sur le fait que cette nouvelle approche pourrait marquer un tournant décisif dans la gestion des relations, en privilégiant une communication ouverte et une implication directe des parties concernées. «Nous préconisons cette voie pour instaurer des relations plus fortes et plus transparentes », a-t-il conclu. FDA