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Mbuji-Mayi : l'occupation des trottoirs expose les piétons aux risques d'accidents
À Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï-Oriental, la circulation des piétons devient de plus en plus difficile sur plusieurs grandes artères de la ville.
Les espaces normalement réservés aux déplacements à pied sont progressivement transformés en lieux de commerce. Ceci ressort de notre ronde effectuée le dimanche 30 août 2026 dans cette partie du pays, à l'occasion de la visite du chef de l'État Félix Tshisekedi. Au rond-point Kimberlite, sur le boulevard Mzee Laurent-Désiré Kabila, comme sur l'axe reliant le rond-point Petrombu au marché Tukunyema, les marchandises occupent une grande partie des trottoirs.
Fruits, légumes, carburant, pièces de rechange et autres produits sont exposés sous des parasols ou à même le sol. Le trottoir ainsi occupé oblige de nombreux piétons à emprunter la chaussée pour poursuivre leur trajet.
Une situation qui les met en contact direct avec les motos, les véhicules et les pousse-pousses, particulièrement dans les endroits où la circulation est dense.
Des vendeurs présentent cette occupation comme une conséquence du manque d'espaces commerciaux et des difficultés économiques.
Une vendeuse de légumes rencontrée sur place explique que plusieurs petits commerçants utilisent les trottoirs, faute d'un emplacement adapté pour exercer leurs activités.
Une autre vendeuse affirme également avoir choisi cet endroit parce qu'elle ne dispose pas d'un espace approprié pour exposer ses produits.
Pour ces petits commerçants, l'activité représente avant tout un moyen de subsistance dans un contexte marqué par le manque d'emplois.
LES PIÉTONS EXPOSÉS
Si les vendeurs évoquent leurs difficultés économiques, les usagers de la route, eux, dénoncent les conséquences de cette situation sur leur sécurité. Une habitante rencontrée près du rond-point Kalala wa Nkata estime que les piétons sont contraints de prendre des risques en circulant sur la chaussée, notamment à cause de la vitesse de certains véhicules.
Le problème devient particulièrement inquiétant aux heures de forte affluence, lorsque les trottoirs et la chaussée sont fortement sollicités.
LA CNPR APPELLE AU RESPECT DU CODE DE LA ROUTE
La Commission nationale de prévention routière (CNPR) considère que l'occupation des trottoirs comme une pratique incompatible avec les règles destinées à protéger les usagers les plus vulnérables. Un responsable provincial de la CNPR rappelle que les trottoirs doivent prioritairement permettre aux piétons de circuler en sécurité.
Il appelle ainsi les autorités urbaines à réorganiser les espaces réservés au commerce et à libérer les passages destinés aux piétons, conformément aux dispositions du Code de la route.
La Police de circulation routière entend également agir sur le terrain. Les vendeurs installés sur les trottoirs ont été invités à libérer ces espaces avant la rentrée scolaire.
Les services de sécurité routière préviennent que le maintien des activités commerciales sur les passages réservés aux piétons pourrait entraîner des sanctions. Pour les acteurs chargés de la sécurité routière, la solution ne devrait toutefois pas se limiter aux opérations de dégagement.
Félix MULUMBA