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Luozi: la maladie inconnue fait déjà 8 décès pour 15 cas suspects !
La maladie d'origine inconnue qui s'est déclarée, depuis le 31 janvier dernier, dans le village Madimba, dans l'aire de santé de Bienga située dans la zone de santé de Mangembo, secteur De la Kenge, territoire de Luozi, province du Kongo Central, vient de faire 8 décès pour 15 cas suspects enregistrés.
Selon le rapport complémentaire d'investigation de l'Équipe d'intervention rapide (EIR), 15 cas suspects ont été notifiés à la date du mercredi18 février dont 10 hommes et 5 femmes, 9 élèves et 6 cultivateurs. Parmi les tranches d'âges, le rapport note 3 (0-12 ans), 8 (13-24 ans), 4 (plus de 25 ans). Les villages de Nlundu (6 cas) et Nkikanga Madimba (4), Yambi (1), Kinkondibila, Nkikombo (1), Madimba (2) figurent parmi les plus touchés avec respectivement 4, 3 et 1 morts pour les trois premiers villages. Le taux de létalité global est estimé à 53%, Nlundu enregistrant à lui seul 6 cas dont 4 décès.
La tranche d'âge la plus affectée est celle de 13 à 24 ans, principalement des élèves de l'institut Madimba. Comparativement aux cultivateurs, les élèves représentent la majorité des cas recensés, précise le rapport.
DES CROYANCES MYSTICO-OCCULTES DES VILLAGEOIS
Face à cette situation sanitaire préoccupante, un Centre de traitement a été mis en place à Bienga le 17 février, une mission catholique, située au Nord de Luozi, pour la prise en charge des malades. Sept patients y sont actuellement suivis, sans nouveau décès signalé au cours des dernières 48 heures. Deux nouveaux cas suspects y ont été admis les 16 et 17 février, tous élèves de l'EP Madimba. Un second centre de traitement de la maladie a été installé à Bienga par regroupement de tous les cas suspects éparpillés de deux aires de santé de Bienga et de Sundi-Mamba.
Le document consulté fait état des croyances mystico-occultes des communautés locales qui ont consulté des féticheurs du village. Cette situation a occasionné des événements malheureux : la stigmatisation et le lynchage du père de l'un des malades décédés, la destruction et l'incendie des maisons aux villages Lundu, Ngoyo et Kinkanga, les pillages des biens et bétails (chèvres et cochons) par la population.
Selon des précisions fournies par le Dr John Nkayilu, basé à Kimpese, illustrant les images qu'il nous a transmises, l'Equipe d'intervention rapide du Kongo Central s'est rendue sur le site où sévit l'épidémie mortelle au terme de beaucoup de difficultés dues au mauvais état de la route pour prélever des échantillons. Les difficultés étaient telles que l'équipe a dû abandonner les Jeeps 4X4, en raison de l'accident de la 2ème tractée. Les membres de l'EIR sont arrivés à Bienga au moyen des motos non sans difficultés !
DES ECHANTILLONS ENVOYES A L'INRB
Des échantillons prélevés, apprend-on, sont expédiés à l'Institut national de recherche biomédicale, à Kinshasa pour analyses. L'hypothèse d'une épidémie de méningite bactérienne fulminante est jugée la plus plausible par les équipes sanitaires, au regard des données cliniques et épidémiologiques disponibles.
Les autorités sanitaires ont intensifié la recherche active des cas dans les écoles et villages environnants, renforcé la sensibilisation communautaire et mobilisé les structures locales de coordination.
Comme nous l'avons fait remarquer dans nos premières publications sur cette situation, la riposte fait face à plusieurs défis, notamment la rupture de stocks de médicaments, l'enclavement de la zone dû au mauvais état des routes et l'insuffisance des moyens logistiques.
La coordination provinciale de la santé du Kongo Central et les partenaires techniques sont appelés à renforcer l'appui en médicaments, intrants médicaux et moyens d'intervention afin de contenir rapidement la propagation de la maladie.
Kléber KUNGU