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Le Fonds de Promotion de l'Industrie (FPI) est déterminé à rapprocher la recherche universitaire du monde productif. À l'Université de Lubumbashi, des efforts sont déployés pour impliquer…
Lubumbashi : le FPI aide étudiants et chercheurs à transformer les idées en projets industriels
Le Fonds de Promotion de l'Industrie (FPI) est déterminé à rapprocher la recherche universitaire du monde productif. À l'Université de Lubumbashi, des efforts sont déployés pour impliquer étudiants et chercheurs dans une stratégie visant à transformer les idées en projets industriels concrets. Subventions, financements innovants et accompagnement sur mesure seront désormais au rendez-vous pour matérialiser cette initiative.
C'est dans cette optique qu'une délégation du FPI, conduite par son Directeur Général Adjoint, Blaise Mastaky, s'est rendue le vendredi 3 avril à l'Université de Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga. "Cette mission s'est inscrite dans le cadre d'une séance académique de haute portée scientifique, consacrée à la présentation des projets innovants soumis au financement du FPI", renseigne un proche de cette institution publique.
Accueilli par les autorités universitaires, le DGA s'est entretenu avec le corps académique et les étudiants autour d'une ambition commune. Celle consistant à faire de la recherche universitaire un levier concret de développement économique et industriel en République démocratique du Congo.
Rapprochement institutionnel
Recteur de l'UNILU, le professeur Gilbert Kishiba a encouragé ce rapprochement institutionnel. Il a notamment insisté sur le rôle de l'université comme acteur social et scientifique, capable de générer des solutions innovantes et de contribuer à la transformation économique du pays.
Pour sceller cette coopération, le professeur Gilbert Kishiba a symboliquement remis plusieurs projets, particulièrement dans les domaines de l'imprimerie, de l'hydroélectricité et de la production de la bière "Kasapar".
Le numéro deux du FPI a saisi l'occasion pour rappeler la mission de l'institution, centrée sur la réduction de la dépendance économique du pays vis-à-vis de l'extérieur, à travers le financement de la production locale, le soutien à la transformation industrielle et l'accompagnement des projets agricoles et d'élevage.
Des subventions disponibles
Face aux étudiants et chercheurs, le DGA a insisté sur leur rôle clé dans cette dynamique, les conviant à mobiliser intelligence, créativité et capacité d'innovation pour proposer des solutions adaptées aux réalités locales. Dans son intervention, Blaise Mastaky s'est focalisé sur les mécanismes de financement mis à la disposition des jeunes porteurs de projets.
A cet effet, le FPI prévoit d'accorder, d'une part, des subventions pour la recherche et l'innovation, afin de soutenir des projets de recherche appliquée, capables de déboucher sur des solutions concrètes dans les domaines industriels, médical ou technologique.
D'autre part, le programme VIJANA, destiné aux jeunes de 18 à 35 ans et mis en œuvre en partenariat avec le Fonds de Garantie de l'Entrepreneuriat au Congo (FOGEC), permet d'accéder à des prêts à un taux préférentiel de 4 % par an, sans exigence de garanties bancaires classiques.
Accompagnement salué
Au-delà du financement, le DGA s'est montré rassurant quant à l'accompagnement offert par le FPI, qui assure un suivi rigoureux et une évaluation continue des projets afin de garantir leur viabilité et leur impact réel sur le développement économique et social.
"Je mesure les défis auxquels vous faites face : manque de ressources financières, accès difficile au crédit, incertitude économique... Je sais que beaucoup d'entre vous ont des idées brillantes, mais hésitent à franchir le pas, par peur de l'échec ou par manque de soutien. Je suis là pour vous dire : le FPI est votre partenaire. Osez monter votre dossier, osez frapper à notre porte, osez transformer votre projet en entreprise", a déclaré Blaise Mastaky.
Promouvoir des projets industriels
Grâce aux échanges entrepris avec les autorités universitaires, plusieurs pistes de collaboration ont été identifiées, en l'occurrence dans les secteurs agro-pastoral et industriel. Ce partenariat vise, par ailleurs, à promouvoir une véritable culture entrepreneuriale au sein des facultés, notamment en agronomie, en pharmacologie et en pêche-aquaculture, tout en encourageant l'innovation dans toutes les disciplines.
Au-delà d'un simple partenariat, c'est une nouvelle passerelle qui se construit entre savoir et production. Dès lors, à l'UNILU, l'on est convaincu que ''l'avenir économique du pays ne se pense plus uniquement dans les bureaux, mais aussi dans les auditoires, les laboratoires… et désormais, dans les projets des étudiants appelés à devenir les industriels de demain''.
L'Université Protestante de Lubumbashi
Après l'Université de Lubumbashi, la délégation du FPI a mis le cap sur l'Université Protestante de Lubumbashi (UPL). Précisément à la Faculté d'informatique où se développe une partie de l'innovation numérique appelée à répondre aux défis économiques du pays.
Accueillie par le recteur de cette institution, la délégation e Kinshasa a visité le département d'informatique avant de s'adresser à une salle comble. Attentifs et conscients des enjeux, étudiants et enseignants ont consolidé leurs connaissances après échanges autour des opportunités de financement.
Selon le Directeur Général Adjoint, le FPI est prêt à financer, mais sur la base de projets solides, innovants et ancrés dans la réalité économique. Le numérique n'est plus une option, mais un levier stratégique de transformation, a-t-il soutenu devant l'auditoire.
Aux dires de Blaise Mastaky, le partenariat FPI - FOGEC, offre aux jeunes de 18 à 35 ans un accès au crédit à un taux préférentiel de 4 % l'an. Un signal fort dans un contexte où l'accès au financement demeure l'un des principaux freins à l'entrepreneuriat.
Vivement les innovations
Ici, la présentation des projets s'est avérée le moment fort de cette étape. Retenue comme incubateur, l'UPL a révélé une génération d'étudiants tournée vers l'action. Les innovations présentées illustrent ce potentiel : poubelles intelligentes pour la gestion des déchets, solutions facilitant l'accès aux médicaments, drones dédiés à la sécurité, outils d'exploitation des données démographiques…
Autant d'initiatives concrètes, directement connectées aux réalités locales, qui traduisent l'émergence d'une jeunesse résolument engagée dans la transformation du pays.
En définitive, la mission initiée dans les universités s'est avérée fructueuse. Elle a permis de réaliser que le FPI ne se limite pas seulement à une tournée institutionnelle. Il identifie, sélectionne et prépare une nouvelle génération d'entrepreneurs.
Reste désormais à franchir l'étape décisive. Celle consistant à transformer ces idées prometteuses en entreprises solides, capables de s'imposer durablement dans le tissu industriel congolais.
Yves KALIKAT