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Lomami-Sankuru : deux provinces extrêmement pauvres oubliées par Kinshasa !
Vendredi dernier, Félix Tshisekedi était à Mbuji-Mayi, au Kasaï Oriental. Mercredi soir à Lusambo, chef-lieu de Sankuru, dans le grand-Kasaï où il n’y a aucune route bitumée et aucune voie praticable. Ce qui a rendu tout cet ensemble où vivent des millions de Congolais, une enclave. Ne peut l’atteindre que par air étant donné qu’il n’y a que deux routes partant de Mbuji-Mayi à Kabinda (165 km) et Mbuji-Mayi – Lusambo (330 km) dans un état de délabrement très avancé et qui n’ont bénéficié d’aucun travail de cantonnage manuel. Par la faute de qui ? Naturellement du Pouvoir central et des autorités provinciales de Mbuji-Mayi.
Lomami-Kabinda et Sankuru-Lusambo sont ces deux enclaves par excellence car en plus, ils ne disposent d’aucun aérodrome digne de ce nom, même pas de piste d’atterrissage et ne sont accessibles que par hélicoptères. Ces deux provinces n’ont de province que le nom et Tshisekedi a dû s’en rendre compte lors de cette tournée.
Lomami et Sankuru sont dans une pauvreté indescriptible. Commençons par Kabinda, le chef-lieu de province qui est dépourvu de tout et où il n’y a aucune infrastructure administrative ni hospitalière, aucune route ni activité productive en termes économiques. Kabinda n’a comme ressources que sa disette qu’il transmet aux autres entités sous sa tutelle. Dans ce coin, on est à la période de la pierre taillée, sur le plan du développement. Ce n’est pas exagéré. Mais c’est cela la situation réelle qui prévaut à ce jour dans Lomami-Kabinda, à ne pas confondre avec le Haut-Lomami, dans l’ancien Katanga où Kamina, le chef-lieu répond aux critères d’une ville depuis des années.
Pourtant il ressort que cette description faite de Kabinda est pire encore, c’est-à-dire catastrophique en ce qui concerne le Sankuru-Lusambo. Pour s’en rendre compte, on peut épingler des conflits infinis qu’a à gérer l’autorité provinciale à défaut des ressources financières. Ce qui fait qu’à Lusambo plus qu’ailleurs l’Exécutif provincial est en crise permanente avec l’Assemblée provinciale.
On ne voit pas ce que peut faire Félix Tshisekedi, même s’il en avait la volonté, donner la réponse à tous ces problèmes qui se posent dans ces entités là où il faut des projections sur des budgets de plusieurs législatures pour amorcer un semblant de développement. Il est aussi vrai que si les Congolais devraient enfin prendre l’option de passer de 11 provinces de l’époque à 26 d’aujourd’hui, Lomami et Sankuru devraient être parmi les tout derniers à y accéder. Jusqu’à quand ? Jusqu’à ce qu’il y ait une activité économique locale leur permettant de mobiliser leurs recettes propres et non de tendre éternellement la main au Pouvoir de Kinshasa.
Ce qui se passe aujourd’hui dans ces deux provinces, est une leçon pour tous les Congolais qui doivent ouvrir l’œil lorsqu’ils seront appelés à s’engager sur telle ou telle autre voie. Les Ne-Kongo du Kongo central avaient rejeté la formule de 26 provinces et ont gardé leur province unie. On leur donne raison aujourd’hui. Les autres ont à ce jour de problèmes insolubles. KANDOLO M.