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Les expatriés interdits d´exercer le petit commerce dès novembre 2025. La mesure sera-t-elle appliquée ?
Le gouvernement vient de prendre une mesure salutaire pour les commerçants congolais. À partir du mois de novembre prochain, les expatriés installés en République démocratique du Congo ne pourront plus exercer le petit commerce. Celui-ci est réservé exclusivement aux Congolais. Pour rappel, il existait depuis plusieurs années un moratoire qui accordait aux commerçants étrangers ce privilège. Mais les autorités congolaises viennent de décider de ne pas renouveler cet avantage.
Reste à savoir si après le mois de novembre cette mesure sera effectivement d'application. Car, le grand problème en RDC concerne le manque de suivi de très bonnes décisions ou mesures qui sont prises par des instances supérieures. S´il faut établir une liste desdites mesures, nous serons déçus de constater leur longue énumération.
À quoi est dû ce triste bilan? Le problème se pose au niveau des exécutants. Dans le cas d´espèce, ce sont les inspecteurs du ministère de l´Économie qui sont mis en cause. Ils sont accusés de complaisance dans leur mission de contrôle. Les commerçants congolais affirment que les inspecteurs se laissent facilement manipuler par les expatriés moyennant espèces sonnantes et trébuchantes.
Que faut-il alors faire pour que cette fois-ci cette mesure devienne effective? Pour éviter que les mauvaises langues n´assimilent l´application de cette décision au mauvais climat des affaires en RDC, ainsi que toute mauvaise interprétation, il importe de vulgariser en amont la loi sur l´exercice du commerce.
En outre, les Congolais devraient eux-mêmes prendre en mains leurs responsabilités. Car, s´il faut établir un inventaire d'hommes d´affaires qui exercent le petit commerce, on se rendra compte que les Congolais de père et de mère ne sont pas aussi nombreux que leurs concurrents. Ils se retrouvent dans des petites activités qui n´attirent pas leurs compatriotes. Même si aujourd'hui la mesure gouvernementale était exécutée à 100%, il va se poser ce problème de l´offre et de la demande.
Par contre, si le syndicat des consommateurs donnait la consigne de boycott des biens des commerçants étrangers, il est peu probable que ce mot d´ordre soit suivi à large échelle. Il est difficile aux Congolais qui vivent le jour au jour de supporter ce genre d´exercice. Il faut reconnaître que les commerçants locaux font face à certaines contraintes, notamment l´accès difficile aux crédits, qui les empêchent de faire face à la concurrence sur le terrain.
ROMPRE AVEC
LA COMPLAISANCE
En tout état de cause, il revient au gouvernement, à travers le ministère de l´Économie, de ne pas tergiverser dans l´application de cette mesure, quelle que soit l´attitude des uns et des autres. Le gouvernement doit faire preuve de fermeté. Il est vrai que nous devons nous attendre à un choc économique et même social à la suite de cette mesure.
Par ailleurs, il importe d´inviter le gouvernement à éviter de prendre des mesures qui ne sont pas exécutées. Dans l´une de nos précédentes parutions, nous avons notamment fait état de la décision de la ministre de l´ESU qui a annoncé ne plus accorder l´autorisation d´ouverture et de fonctionnement aux nouveaux établissements supérieurs privés. Malheureusement, avant elle, ses prédécesseurs avaient pris la même mesure, mais aujourd´hui certaines de ces institutions supérieures ou universitaires fermées auraient repris avec force depuis longtemps. Est-ce cette fois les choses vont aller autrement?
Par rapport à notre sujet du jour, le souhait des Congolais est que cette mesure ne reste pas lettre morte. Que tout soit mis en oeuvre pour que le secteur du petit commerce devienne réellement source de progrès pour la RDC.
Muke MUKE