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Les enseignants se radicalisent, Tony Mwaba fait enfin profil bas !
La tension est montée d’un cran, hier lundi 18 octobre, dans certains établissements publics de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), à Kinshasa. A Tshangu, dans l’Est de la capitale du pays, des centaines d’élèves très en colère et en uniforme, ont envahi la Sous-division de N’Djili 1, pour réclamer, sans délai, la fin de la grève des enseignants et le début effectif des cours. « Nous voulons étudier », répétaient en chœur, ces bleu-blancs tout au long de leur procession.
Le même mouvement des élèves a été observé dans la commune de Gombe. A la différence qu’ici, ces élèves se sont associés à un groupe de plusieurs dizaines de parents qui ont organisé un sit-in devant le cabinet du ministre de tutelle, Tony Mwaba. «To boyi gratuité… To lembi gratuité…» traduit littéralement en français en : «Nous refusons la gratuité…Nous sommes fatigués de la gratuité»…chantaient ces responsables de familles, pour la plupart des femmes, devant le ministère de l’Epst.
Face à cette manifestation des parents et des élèves devant son cabinet, Tony Mwaba a aussitôt improvisé une ronde dans quelques écoles ciblées de Kinshasa pour sensibiliser les enseignants à la fin de la grève et leur demander de renouer avec la craie. A en croire des sources, le patron de l’EPST s’est respectivement rendu au lycée Bosangani, au collège Boboto et au collège Elikya, trois grandes écoles de renom, parmi les établissements scolaires publics gérés par l’Eglise catholique.
A l’étape du Lycée Bosangani, on apprend que Tony Mwaba, conspué, aurait fait profil bas, en demandant aux enseignants de retourner dans les salles de classes. «Il n’y a jamais eu de problème sans solution. En l’espèce, Celui-ci aura bel et bien une issue. Ce problème aboutira. Je vous assure…», aurait déclaré le patron de l’EPST, cité le média en ligne Congo profond.
Et Tony Mwaba de renchérir : «Si c’est uniquement pour vos intérêts, je vous exhorte à reprendre la craie et enseigner», avant de promettre de se battre pour faire entendre la cause des enseignants auprès du Gouvernement. «En tant qu’autorité de tutelle, je ne demande qu’une seule chose aux enseignants : retourner dans les salles de classes et rester attentifs parce que le dialogue va reprendre», a-t-il exhorté.
L’IMPERATIF DU DIALOGUE POUR UNE PAIX SOCIALE NEGOCIEE
Certes, depuis plusieurs années en RD Congo, une nouvelle année scolaire a souvent été empreinte de mouvement de grève des enseignants. L’histoire renseigne que ce débrayage se termine généralement dans les mêmes conditions qui ont l’ont généré. C’est-à-dire que les enseignants décrètent la grève et y mettent fin, quelques semaines plus tard, sans pour autant obtenir gain de cause. Depuis, ce mouvement de mécontentement collectif des enseignants du secteur public, est devenu une sorte de «rituel» qui ne fait plus peur aux dirigeants du pays ayant dans leurs attributions, la gestion de l’Enseignement public.
Bémol cependant. C’est que cette année 2021, la grève des enseignants des écoles publiques est déclenchée dans un contexte de gratuité de l’Enseignement de base, décrétée par Félix Tshilombo Thisekedi, depuis l’année scolaire 2019-2020, dans tous les établissements placés sous le contrôle de l’Etat.
Dès lors, les parents d’élèves restent divisés quant à cette mesure. Si certains l’encouragent, au motif que la gratuité a sensiblement contribué au taux de scolarité en RD Congo (Près d’un million d’enfants en âge de scolarité, auraient repris le chemin de l’école, selon les statistiques fournies en 2020 le gouvernement). Par contre, de nombreux autres responsables de familles, tout en saluant cette décision du chef de l’Etat, estiment cependant, que celle-ci induit des effets négatifs sur la qualité même de l’enseignement.
Pour ces parents, le fait que les écoles ne perçoivent plus d’eux, un seul sou en guise de fonctionnement, constitue un facteur aggravant de la baisse de l’enseignement. Aussi, ces parents se déclarent-ils en faveur de la suppression de la gratuité et prêts à reprendre à nouveau, la charge partielle des enseignants de leurs enfants.
A ce jour, nombre d’analystes du secteur de l’Enseignement en RD Congo, sont formels que l’issue à la grève qui paralyse les établissements publics depuis deux semaines, passe inéluctablement par le dialogue entre le Gouvernement et les différents bancs syndicaux des enseignants. Ainsi, pour une paix sociale négociée, les mêmes analystes déconseillent au ministre de tutelle, toute posture d’intimidation.
On rappelle que depuis le 4 octobre, date officielle de la rentrée scolaire en RD Congo, les enseignements n’ont toujours pas encore commencé dans la plupart des écoles publiques. Les enseignants conditionnent la reprise effective des activités, par le paiement des seconds et troisièmes paliers de leur rémunération, la régularisation ou mécanisation de Nouvelles unités, la suppression des zones salariales et la réactivation des écoles irrégulièrement désactivées. A ces revendications collectives, s’ajoute la réactivation sur le fichier de paie du SECOPE, des quatre enseignants grévistes du collège Boboto et du lycée Sacré-Cœur à Gombe à Kinshasa. Grevisse KABREL