Dernière minute
Société
Ata na lifelo toko samba kaka". Cette phrase en lingala se traduit littéralement par : " Même en enfer, nous allons quand même plaider [notre cause].
Dans un sens plus imagé, cela signifie qu'on ne compte pas se laisser faire ou se taire, peu importe la difficulté…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Avocats Sans Frontières (ASF) a lancé un projet d’assistance judiciaire à la prison centrale de Makala. Cette initiative permettra aux ONG locales travaillant avec AVS…
Étranger
À la tribune du Forum diplomatique d’Antalya 2026, le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a livré une intervention dense et structurée, au croisement des enjeux…
Nation
Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC et chef de la Mission de l’organisation des Nations Unies pour la stabilisation du Congo (Monusco), James Swan, a passé en…
Légumes de Kinshasa : l’agriculture urbaine empoisonne la capitale
Une contamination massive et silencieuse se propage ces dernières années à Kinshasa. Ce qui devait nourrir la ville la tue à petit feu. Dans les faubourgs de la capitale des milliers de maraîchers cultivent quotidiennement tomates, amarantes, choux, épinards... pour approvisionner les marchés de la capitale. Ce que peu de consommateurs savent, c’est que ces légumes pourtant indispensables à l’alimentation quotidienne, sont imprégnés de pesticides hautement toxiques, souvent bannis ailleurs dans le monde.
«Ici, on utilise ce qu’on trouve au marché noir. Même si ce n’est approprié on pulvérise quand-même. On n’a pas le choix», nous a soufflé Mme Rachel N’gana, ingénieure agronome et membre du conseil d’administration de l’Association des ingénieurs agronomes diplômés de l’Université de Kinshasa (Assiaduk), lors d’un entretien accordé à la rédaction de "Forum des As".
Les produits phytosanitaires, souvent contrefaits ou périmés, sont manipulés à mains nues, sans masques, ni vêtements de protection. En plus d’empoisonner ceux qui les appliquent, ils s’infiltrent dans les sols, contaminent les nappes phréatiques et finissent dans les assiettes de millions de Kinois.
Une bombe sanitaire
«Ce n’est plus de l’agriculture, c’est une bombe sanitaire à retardement», Ir Rachel N’gana, tout en signalant que les résidus de ces pesticides peuvent provoquer des maladies chroniques, des cancers, des troubles neurologiques ou hormonaux, malgré que personne n’en parle.
A en croire Mme Rachel N’gana, cette contamination silencieuse est le fruit d’un vide réglementaire doublé d’un manque criant de contrôle. Kinshasa importe des tonnes de pesticides sans mécanisme rigoureux de vérification ou de sensibilisation. Les maraîchers poussés par la pression de la demande et le manque de moyens privilégient le rendement à la sécurité.
Il est temps de tirer la sonnette d'alarme
«Produire pour nourrir ne peut plus signifier produire pour mourir. Il est urgent d’organiser la filière, de former les cultivateurs, de surveiller les produits et de protéger les consommateurs. Sinon, nous courons vers un désastre sanitaire et environnemental», a-t-elle martelé.
Et de poursuivre que : pendant que les légumes abondent sur les étals, les dégâts, eux sont invisibles mais réels. Sols lessivés, rivières asphyxiées, corps malades... Une lente contamination s’opère, silencieuse, méthodique, et surtout évitable. «Il est temps de tirer la sonnette d’alarme. Il est temps d’agir», a-t-elle lancé.
Tricya MUSANSI