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Le VPM Mukoko Samba engage un dialogue franc avec les opérateurs économiques
Le ministre d'État, ministre de l'Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a réuni hier mardi à l'Hôtel Béatrice un parterre d'opérateurs économiques autour d'une concertation inédite placée sous le thème "Gouvernance économique et amélioration du climat des affaires". Un cadre d'échanges francs où patronat et pouvoir public ont croisé leurs diagnostics et leurs attentes pour redessiner ensemble les contours d'une économie congolaise plus compétitive et plus diversifiée.
Dans son mot introductif, le ministre Mukoko Samba a planté le décor en soulignant le principal défi: la diversification. "Nous devons cesser d'être une économie qui importe ses produits alimentaires et qui n'exporte que des matières brutes. Diversifier, ce n'est pas un slogan : il faut une vision, un plan et un dialogue permanent entre l'État et le secteur privé", a-t-il insisté.
Le ministre a rappelé les multiples réformes entreprises depuis deux décennies du code minier à la libéralisation de l'électricité tout en reconnaissant que les déficits structurels persistent, notamment le manque criant d'électricité dans les zones minières.
"…Nous devons créer de l'emploi en produisant localement"
Parmi les voix patronales, John Mwenda, directeur général de Premium Food, a salué l'engagement du ministre pour la réduction des prix de certains produits de base, tout en appelant à un ajustement de la politique fiscale : "Les taxes actuelles sur les intrants rendent notre production locale non compétitive. Nous devons créer de l'emploi en produisant localement, mais pour cela, il faut alléger la pression fiscale", a-t-il plaidé.
Un message largement partagé par les opérateurs, soucieux de voir émerger une fiscalité qui protège la production nationale sans étouffer les entreprises.
Innovations fiscales attendues en 2026
En réponse, le ministre a annoncé de possibles innovations fiscales dès la loi de finances 2026, inspirées d'expériences comparatives menées avec l'Angola :
"L'Angola taxe les produits finis mais exonère quasiment les matières premières. Nous allons nous en inspirer. Le débat sur la TVA, avec l'introduction de taux différenciés ou la neutralisation pour certains intrants, sera ouvert dès 2026", a révélé Mukoko Samba.
L'objectif : rendre la RDC attractive non seulement comme marché, mais aussi comme terre de production.
"Le petit commerce doit rester réservé aux Congolais.."
La question du petit commerce a également occupé les échanges. Le ministre a confirmé que le moratoire autorisant des étrangers à exercer dans ce secteur prendra fin en novembre prochain :
"Le petit commerce doit rester réservé aux Congolais. Mais pour lever toute ambiguïté, une nouvelle loi viendra remplacer celle de 1973, afin de clarifier et moderniser les règles du jeu", a-t-il annoncé.
Daniel Mukoko Samba a réaffirmé sa volonté d'ancrer un dialogue public-privé permanent. "Ce n'est pas la première fois que je rencontre le patronat et ce ne sera pas la dernière. Nous allons continuer à consulter les entreprises avant toute mesure, afin que l'action publique soit efficace et réponde réellement aux besoins de la société", a-t-il assuré.
Cette rencontre, marquée par des échanges francs et techniques des panélistes tels que John Mwenda directeur général de Premium Food, Ali MAMINA responsable de LEUREXCOM, Catherine BUCUMI représentante du DG de la Bralima et enfin Souzanne Ntumba Kanku directrice générale de QUANTUM Vertex, ouvre ainsi la voie à un cycle de concertations régulières entre l'État et les forces productives du pays, dans l'espoir de bâtir une économie congolaise plus diversifiée, compétitive et inclusive.
Jérémie ASOKO