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La RDC reprend le contrôle de ses ressources naturelles : Dan Gertler se retire des actifs miniers et pétroliers
La RD-Congo est en passe de finaliser le retrait de Dan Gertler, homme d’affaires israélien controversé, des actifs miniers et pétroliers du pays. Cette annonce a été faite hier jeudi 14 novembre par le ministre des Hydrocarbures, Aimé Molendo Sakombi, lors du forum économique Makutano. Ce désengagement s’inscrit dans un vaste projet de réforme pour maximiser les retombées des ressources naturelles du pays.
Le ministre Sakombi a confirmé que le processus de retrait de Dan Gertler, à travers sa société Ventora, touchait à sa fin. «D’ici quelques semaines, le groupe Ventora sera complètement désintéressé de tous les actifs congolais», a-t-il indiqué.
En outre, il a précisé que les blocs pétroliers 1 et 2, situés dans le Graben Albertine, sont désormais récupérés à 100 % par l’État congolais. Ces blocs seront bientôt proposés à des investisseurs internationaux dans le cadre d’un appel d’offres restreint, dans l’objectif de sélectionner des partenaires de qualité ayant les capacités financières et techniques nécessaires pour exploiter ces ressources stratégiques.
Afin d’attirer les meilleurs candidats, le ministre a annoncé qu’un nouveau décret est en cours de préparation pour garantir aux investisseurs un cadre sécurisant et un régime fiscal parmi les plus attractifs d’Afrique en matière d’hydrocarbures.
Depuis 2017, Gertler est sous sanctions américaines pour corruption présumée dans ses transactions minières et pétrolières en RDC. Ces sanctions ont limité ses transactions financières internationales, notamment son accès aux marchés américains.
Une victoire pour
la société civile congolaise
Le retrait de Dan Gertler, personnalité controversée au cœur de l’industrie minière congolaise depuis de nombreuses années, est perçu comme une victoire pour ceux qui militent pour une gestion plus équitable et transparente des ressources naturelles du pays. En 2022, un protocole d’accord avait été signé entre la société de Gertler, Ventora, et le Gouvernement congolais.
L’accord prévoyait la récupération progressive des actifs stratégiques par l’État, bien qu’il ait suscité des critiques pour son déséquilibre présumé en défaveur de la RDC. Aujourd’hui, le ministre de tutelle confirme que Ventora ne détiendra plus aucun actif congolais dans les prochaines semaines.
Depuis la signature de cet accord, Gertler a continué de percevoir des royalties estimées à plus de 60 millions de dollars.
Sakombi a également annoncé un projet de «réinterprétation des données sismiques pour la certification de la valeur des ressources minérales». Ce processus vise à mieux évaluer le potentiel des ressources congolaises, en offrant aux investisseurs une vision plus précise et attractive de ces réserves.
Cette démarche contribue à renforcer la transparence et l’attractivité du secteur pour les entreprises étrangères, tout en s’assurant que le pays bénéficie au maximum de la richesse de ses ressources naturelles.
Un cadre réformé pour l’exploitation pétrolière
Le forum Makutano a également été l’occasion pour le ministre des Hydrocarbures de dévoiler des réformes structurantes visant à attirer les investissements et assurer une meilleure équité dans l’attribution des licences d’exploitation. Récemment, l’annulation de l’appel d’offres pour 27 blocs pétroliers a suscité de vives interrogations. Aimé Sakombi Molendo a assuré que cette décision, loin d’être prise à la légère, avait pour objectif de garantir une attribution plus transparente et équitable des licences.
Lutte contre la contrebande et diversification des sources
La RDC fait également face au défi de la contrebande de produits pétroliers aux frontières. Pour y remédier, le ministre Sakombi a annoncé le recours au marquage moléculaire des produits et l’installation de scellés électroniques, soutenus par des plateformes de suivi numérique. Ce renforcement du contrôle aux frontières vise à réduire les pertes économiques dues à la contrebande.
Afin de diversifier les sources d’approvisionnement et optimiser les coûts, une réforme du système d’approvisionnement en produits pétroliers est en cours. Un appel d’offres pour 40 % des importations directes sera lancé, permettant ainsi de renforcer la compétitivité et d’améliorer l’accès aux produits pour les consommateurs congolais.
Une ambition pour les hydrocarbures comme levier de développement
Le patron des Hydrocarbures a également réitéré l’ambition de faire de la RDC un acteur central de l’industrie pétrolière africaine. Malgré une production actuelle de pétrole brut plafonnant à 20 000 barils par jour, la RDC dispose d’un potentiel énorme encore largement inexploité. La Cuvette centrale, par exemple, renfermerait plus de 40 milliards de barils de pétrole et 17 milliards de pieds cubes de gaz naturel.
La stratégie de la RDC repose sur la valorisation de ses ressources sédimentaires, notamment le Graben Albertine, le lac Kivu et le Graben Tanganyika, afin de diversifier son économie et faire des hydrocarbures un levier de développement durable.
«Notre position géographique, au cœur de l’Afrique, nous confère un avantage compétitif», a souligné le ministre, précisant que la mise en valeur de ces ressources pourrait considérablement transformer l’économie congolaise.
Adapter le cadre juridique pour attirer les investissements
Pour concrétiser cette vision, le ministre Sakombi a insisté sur la nécessité d’adapter le cadre juridique et fiscal du secteur. «Nous devons rendre ce cadre plus attractif», a-t-il déclaré, en envisageant des incitations fiscales spécifiques pour encourager les investissements dans l’exploration et la production.
Christian-Timothée MAMPUYA