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La paix d’abord, l’accord ensuite, a martelé Fatshi à Belgrade
En visite en Serbie, où il a rencontré la diaspora congolaise, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a tenu un discours ferme et sans ambiguïté sur l’accord de paix qui doit être officiellement signé ce jeudi 4 décembre à Washington entre la RDC et le Rwanda. Tout en réaffirmant l’engagement de Kinshasa pour une paix durable dans la région, le Chef de l’État a averti que l’application du texte reste strictement conditionnée au retrait total des forces rwandaises du territoire congolais. «Et ça, c’est indiscutable», a-t-il lancé devant un public attentif.
Revenant sur les principes qui encadrent cet accord, Félix Tshisekedi a insisté sur un point central : aucune intégration régionale ne pourra inclure le Rwanda tant que celui-ci demeurera militairement actif en RDC. «Elle ne prendra en compte le Rwanda que lorsque celui-ci aura quitté totalement le sol congolais, nous aura laissés en paix et que la confiance entre nous sera reconstruite», a-t-il affirmé, rappelant que la coopération économique présuppose une confiance mutuelle, aujourd’hui inexistante.
Le Président Félix Tshisekedi a également mis en garde contre les interprétations hâtives et les effets d’annonce entourant la signature de Washington. L’accord, a-t-il précisé, existe bel et bien, mais il comporte des clauses essentielles voulues par Kinshasa : il n’entrera pleinement en vigueur que si et seulement si une paix réelle est vécue entre les deux pays. « On ne fait pas de commerce avec quelqu’un dont on se méfie. Ça ne peut pas exister », a-t-il martelé.
M.Tshisekedi a enfin replacé ce processus dans une vision plus large du développement national, rappelant que la paix demeure la condition première de tout progrès économique et social. «Nous montrons que nous sommes pour la paix, parce que le développement ne peut se faire en dehors de la paix. Il faut vivre en paix pour ensuite penser investissement et développement. Donc ça, c’est indiscutable».
À Belgrade, le message était clair : la RDC avance vers la paix, mais ne transigera ni sur sa souveraineté, ni sur l’exigence d’un retrait total des troupes rwandaises.
Jérémie ASOKO