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La justice militaire actionne la traque aux cadres du PPRD
* Les fidèles de Joseph Kabila interdits de quitter le pays.
La tension politique atteint un nouveau seuil critique. Une vague de convocations judiciaires frappe de plein fouet le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), formation politique de l'ancien président Joseph Kabila. Plusieurs hauts cadres du parti sont attendus ce lundi 10 mars à l'auditorat militaire supérieur de la Gombe.
Parmi les cadres concernés figurent Aubin Minaku (vice-président du PPRD), Emmanuel Ramazani Shadary (secrétaire permanent), ainsi que Ferdinand Kambere (secrétaire adjoint). Ces trois hommes sont des proches de Joseph Kabila et occupent des postes stratégiques au sein du parti.
Selon certaines sources, à leurs côtés, une dizaine d'autres personnalités du PPRD sont également convoquées, notamment Patrick Nkanga, Tshikej Diemu, Serge Tshiben, Francine Muyumba, Papy Tamba, India Omari et Dunia KilaKilanga.
L'unique motif officiellement évoqué par le colonel Benjamin Ntambwe Kapenga, avocat général militaire, est de "clarifier la situation". Cependant, en coulisses, les soupçons d'implication dans le financement et le soutien logistique à la rébellion M23/AFC pèsent sur ces cadres.
Une interdiction de quitter le pays
Les autorités ne prennent aucun risque. Le ministre d'État chargé de la Justice, Constant Mutamba, a annoncé que tous les hauts responsables du PPRD visés par cette enquête sont formellement interdits de quitter le territoire national jusqu'à nouvel ordre.
Face à cette offensive judiciaire, Patrick Nkanga, un des cadres influents du PPRD, a exprimé son étonnement, révélant qu'il avait appris sa convocation par les réseaux sociaux.
"J'apprends par la voie des réseaux sociaux que j'aurai été invité par devant l'auditorat militaire ainsi que mon épouse, tous deux membres du PPRD. Sous réserve de l'authenticité de ces document qui circulent et en attendant d'être saisi conformément aux prescrits légaux. Nous nous disponibiliserons pour la Justice, le cas échéant", a-t-il déclaré.
Actuellement, le climat politique est marqué par une escalade des accusations entre l'actuel chef de l'État, Félix Tshisekedi, et son prédécesseur, Joseph Kabila.
Lors de la Conférence de Munich sur la Sécurité, Tshisekedi a ouvertement pointé du doigt Kabila, l'accusant d'être le cerveau derrière l'instabilité persistante à l'est du pays. En réponse, l'ancien président via un communiqué de sa formation politique a rejeté en bloc ces accusations et a dénoncé une tentative de diversion face aux échecs du gouvernement actuel dans la gestion de la crise sécuritaire.
Le PPRD se repositionne
Depuis plusieurs mois, le PPRD tente de se repositionner dans le paysage politique congolais. En interne, des voix comme Aubin Minaku appellent à une offensive politique plus assumée. Ce dernier déclarait récemment : "Le temps du silence est fini, c'est le moment des actions ouvertes."
Toutefois, cette dynamique semble s'accompagner de défections. Plusieurs cadres du PPRD soupçonnés ont migré vers l'Alliance des Forces du Changement (AFC), un mouvement dirigé par Corneille Nangaa, qui entretient des liens avec les groupes armés à l'Est du pays.
Ézéchiel Monteirious MONTEIRO