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La délégation Rd-congolaise se démarque en terme d’intervenantes
La République démocratique du Congo s’est bien distinguée en termes de nombre des participants (15 délégués) et d’intervenants (4) au 49èmes assises internationales de la presse francophone, tenues du 25 au 27 juillet 2022, à l’Université Mohammed VI Polytechnique à Benguerir. Deux journalistes de Congo à savoir ,Christiane Ekambo et Marianne Yav Muland ont présenté aux participants des progrès réalisés par les femmes congolaises dans l’utilisation de Nouvelles technologies de l’information dans les médias.
En plus de la députée, Colette Tshomba et la présidente du conseil d’administration de l’Agence congolaise de presse (ACP), Nicole Dimbambu qui étaient montées au podium pour partager l’expérience congolaise en matière de leadership féminin, deux femmes journalistes ont animé deux ateliers et les autres membres de la délégation ont apporté leurs contributions aux différentes interventions.
Dans son exposé sur « Femmes journalistes : paris pour les médias en ligne« , dans le cadre de l’atelier sur « femmes journalistes de l’espace francophone : avancées et obstacles à l’égalité. Etat des lieux« , Christiane Ekambo a raconté toutes les péripéties qu’elle rencontre au quotidien en tant qu’éditrice d’un média en ligne. Elle a souligné que les hommes étaient les premiers à créer des médias en ligne et sont aujourd’hui en grand nombre.
L’écart s’est créé dès le départ, les hommes étant économiquement plus forts dans ce secteur médiatique. Selon elle, sur un total d’une soixantaine d’organes de presse en ligne, 7 seulement sont dirigées par les femmes. Elle a salué le fait que les hommes et les femmes sont au même niveau quant à l’utilisation de nouvelles technologies. Les femmes sont en compétition avec les hommes dans l’apprentissage des multimédias.
Elle déplore le pouvoir économique des femmes qui est très faible et note, par ailleurs que les faiblesses des organes de presse dirigés par les femmes découlent de la création même des entreprises féminines qui sont des propriétés privées sans « réseautage« .
Concernant la gestion du site, Christiane Ekambo signale que l’absence des femmes en tant que webmaster fait en sorte que tous ces médias en ligne créées par des femmes, leur maintenance, et même en amont pour parler de leur création, se fait par un homme webmaster. Elle conseille à ses pairs de changer des méthodes managériales, de se constituer en réseautage pour trouver des investissements et se former aux multimédias pour rendre viable et économiquement leurs entreprises de presse.
haLte a l’entrepreneuriat facile
Dans un autre atelier, Marianne Yav Muland de la RDC devrait répondre à cette question: « médias et entreprenariat : les femmes résistent-elles à l’exercice du pouvoir? ». A cette interrogation, elle a d’emblée répondu par l’affirmative. Parlant du cas du Katanga où elle évolue, elle révèle qu’il y a peu des femmes qui occupent des postes de responsabilités dans les organes de presse. Elle note un faible pourcentage de femmes qui sont patronnes des entreprises de presse. « Plusieurs femmes veulent de l’entreprenariat facile, autrement dit, là où tout est servi sur un plateau d’or. C’est comme si elles disent, je suis femme journaliste, je ne fais des reportages que sur un terrain facile« .
Selon elle, les femmes journaliste refusent d’affronter des obstacles à cause de plusieurs facteurs notamment les coutumes, les mœurs, les préjugés. Elle a fait remarquer qu’au Katanga, il y a quelques médias dirigés par des femmes et qui évoluent bien, chancellent mais tiennent le coup. Elle a insisté sur le fait que les femmes sont appelées à braver la peur, s’imposer par le travail, se découvrir devant les obstacles. Au-delà de ce tableau peu reluisant, cette journaliste et grande reporter du Katanga, croit dur comme fer que même si les femmes ne résistent pas à l’exercice du pouvoir « la situation n’est pas désespérée. Une évolution des mentalités et une prise de conscience peut amener les femmes à s’engager dans l’entreprenariat et tenir le coup. Les uns et les autres n’ont qu’une alternative pour réussir. C’est le travail « . Dina BUHAKE De retour du Maroc