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La C64 accuse Fatshi d'avoir trahi son serment constitutionnel
L'opposition regroupée au sein de la Coalition C64 hausse le ton. Réunis le mardi 16 juin au siège de l'Alliance pour le Changement (A.Ch), la formation politique de Jean-Marc Kabund, ses leaders ont annoncé l'organisation d'une marche pacifique sur toute l'étendue de la République démocratique du Congo le 8 juillet prochain. À Kinshasa, le cortège devra converger vers le Palais de la Nation, symbole du pouvoir présidentiel, où les organisateurs entendent porter un message sans détour : exprimer leur désaveu à Félix Tshisekedi et exiger son départ de la magistrature suprême.
Cette nouvelle offensive politique intervient moins d'un mois après le sit-in du 12 juin, brutalement interrompu par les forces de l'ordre selon les organisateurs. Loin de refroidir les ardeurs de l'opposition, cet épisode semble avoir radicalisé son discours et renforcé sa détermination.
Dans une atmosphère empreinte à la fois de gravité et de défiance, les leaders de la coalition ont d'abord observé un moment de recueillement en mémoire des personnes décédées lors des manifestations de juin.
" La C64 s'incline devant la mémoire des illustres disparus, victimes de la barbarie et de la répression du pouvoir de M. Tshisekedi, et compatit avec nos compatriotes blessés qui se trouvent actuellement dans les hôpitaux et centres de santé ", ont-ils déclaré.
Au-delà de l'hommage rendu aux victimes, le message adressé à leurs partisans se voulait résolument combatif. Pour les responsables de la plateforme, la peur aurait changé de camp.
" Nous appelons notre peuple à ne pas avoir peur, car la peur a changé de camp ", ont-ils lancé devant une assistance acquise à leur cause.
LA C64 ENTEND TRANSFORMER LA DATE DU 8 JUILLET EN DÉMONSTRATION NATIONALE
À l'issue de leur réunion d'évaluation, les dirigeants de la C64 ont estimé que les événements du 12 juin constituaient davantage un point de départ qu'un point d'arrêt.
" La répression du 12 juin n'a fait que conforter notre conviction que le pouvoir en face de nous a peur et que nous allons continuer sans relâche notre combat jusqu'à la victoire finale", ont-ils affirmé.
Dans cette logique, la coalition entend transformer la date du 8 juillet en une démonstration nationale de mobilisation. De Goma à Matadi, de Kisangani à Lubumbashi, elle appelle ses militants et sympathisants à descendre dans la rue pour faire entendre leur voix.
À Kinshasa, la marche devra prendre la direction du Palais de la Nation. Un choix hautement symbolique que les organisateurs assument pleinement.
" Nous allons marcher jusqu'au Palais de la Nation pour lui démontrer notre désaveu total et exiger qu'il puisse démissionner de sa fonction de président de la République ", ont déclaré les leaders de la coalition.
Le principal grief formulé contre le chef de l'État porte sur le débat autour d'une éventuelle réforme constitutionnelle. Les responsables de la C64 accusent Félix Tshisekedi de s'éloigner du cadre constitutionnel qui fonde son pouvoir.
Dans leur déclaration, ils ont soutenu que le Président de la République aurait rompu avec l'esprit de son serment constitutionnel.
" Parce que Félix Tshisekedi a trahi son serment constitutionnel ; parce qu'il s'est placé en rébellion vis-à-vis de l'ordre constitutionnel ; parce qu'en remettant en cause la Constitution, il a lui-même sapé le fondement juridique et politique sur lequel repose la légitimité de son pouvoir ", ont-ils affirmé en se référant aux articles 5 et 64 de la Constitution.
RÉFÉRENDUM, LA C64 ALERTE SUR LE RISQUE DE FRAGMENTATION
Pour la coalition, cette lecture de la situation justifie une mobilisation populaire d'envergure nationale afin de défendre ce qu'elle considère comme les acquis démocratiques du pays.
La C64 a également consacré une partie importante de sa communication à la situation sécuritaire dans l'Est de la RDC. Ses dirigeants ont exprimé leurs inquiétudes quant à la tenue éventuelle d'un référendum constitutionnel alors que plusieurs territoires demeurent affectés par l'insécurité.
Dans un discours particulièrement offensif, ils ont établi un lien entre le projet de réforme constitutionnelle et ce qu'ils qualifient de risque de fragmentation du territoire national.
" Notre avenir est en péril. Notre démocratie vacille et le pays risque de disparaître si le peuple ne se lève pas ", ont-ils averti.
Les responsables de la coalition sont allés jusqu'à soutenir que le chef de l'État ne serait plus digne, selon eux, d'exercer la plus haute fonction du pays.
" Nous estimons que Tshisekedi est indigne de porter la veste du président de la République", ont-ils déclaré.
L'annonce de cette marche intervient dans un contexte de forte crispation entre le pouvoir et l'opposition. Alors que les séquelles politiques du 12 juin restent encore visibles, la perspective d'une nouvelle mobilisation nationale fait déjà monter la tension dans les milieux politiques.
Pour la C64, le rendez-vous du 8 juillet devra marquer une nouvelle étape dans son combat contre le régime en place. Pour le pouvoir, il constituera un nouveau test de gestion de la contestation dans un climat politique de plus en plus polarisé.
Une chose est certaine : à trois semaines de l'échéance, le compte à rebours est lancé. Et l'opposition entend faire du 8 juillet l'un des moments politiques les plus marquants de cette année 2026. Jérémie ASOKO