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Kinshasa: le retour des pluies fait craindre le pire!
Caniveaux ouverts par-ci, routes détruites par-là. C'est dans cet environnement que vivent actuellement les Kinois. Les travaux de réhabilitation de plusieurs principales artères de la ville sont à l'origine de ce décor crasseux.
Comme un patient souffrant de diverses maladies, la mégalopole rd congolaise est malade de sa voirie. Aucune commune n'est à l'abri du délabrement chronique et inquiétant des artères, observé comme un nouveau phénomène à Kinshasa. D'où, le désordre routier à la base des embouteillages observés sur les principales voies encore praticables. Surtout à des heures réputées de grande affluence.
Ainsi, face à l'ampleur constante de la situation, Daniel Bumba, actuel locataire de l'Hôtel de ville, avait lancé, voici plusieurs, des travaux de remise en état des routes. Principalement, celles relevant de la compétence de l'Exécutif provincial. Depuis, la ville de Kinshasa s'est transformée en un vaste chantier.
LES CHANTIERS SOMMEILLENT
Sans doute, ce n'est pas encore le moment de faire le procès de la gestion de Daniel Bumba au Gouvernorat de la ville province de Kinshasa. A priori, on pourrait tout lui reprocher. Sauf sa politique volontariste de se concentrer sur la voirie urbaine.
Cependant, l'état d'avancement des travaux suscite bien des questions et des réactions en sens divers. Commençons par le sempiternel chantier ouvert au croisement des avenues Bongolo et Université.
Lancés depuis plus d'une année, les travaux n'avancent pas. Pas de matériels visibles entreposés sur le site. Juste une vieille pelleteuse avec godet au sol. Comme si elle était en panne. Puis un conteneur. Pas plus.
Près de là, l'avenue Yolo, prolongement de la 7ème rue Limete, se trouve dans un état de délabrement très avancé. Précisément sur son tronçon d'environ 50 mètres, compris entre la mosquée et l'avenue de l'Université. Sur ce passage, le bitume n'existe plus. La semelle a même disparu. Des nids-de- poules béants, aux dimensions d'une niche de silure glane de l'Ecozone paléarctique qui couvent le site, imposent prudence et professionnalisme aux usagers, toutes catégories confondues.
Rond-point Moulaert-Wenze Selembao: un tronçon de tous les risques
Comme relevé précédemment, les travaux de réhabilitation de la voirie de Kinshasa n'avancent presque pas. Plus emblématique, le chantier ex-24 Novembre, sur son tronçon Rond-point Moulaert -wenze Selembao. Pas de passage pour véhicules. Ce, au départ de la station Moulaert jusqu'à la station Bambole. Ainsi, les transporteurs en commun, desservant Selembao-Victoire, Selembao-Marché central, Gambela ou Selembao-Bongolo, slaloment les rues sinueuses de Ngiri-Ngiri, principalement l'avenue Kola, pour déboucher sur l'avenue Saïo en terre, avant de s'engager sur l'avenue Ngiri-Ngiri.
Devant la station Bambole, le chantier est couvert de grandes crevasses profondes remplies d'eaux, favorables à l'élevage de poissons d'eau douce.
Le projet consiste en la construction d'une route en béton, jusqu'au quartier UPN de la commune de Ngaliema. Sympathique. Mais au regard de l'évolution des travaux, Dieu seul sait si la norme sera effectivement atteinte.
AVENUE DU TOURISME,
BLD KIMBUTA...
Au départ de Kintambo Magasins, arriver à Pompage par l'avenue du Tourisme, est plus qu'un simple casse-tête pour les Kinois habitant ce coin de la ville. Ici aussi, les travaux ouverts sur cette artère qui longe le fleuve Congo, piétinent.
Pour contourner cet obstacle, certains automobilistes s'imposent, malgré eux, d'épuisantes acrobaties, en empruntant la route du Centre supérieur militaire au quartier Ozone, avant de s'engager sur l'artère menant à Sola, pour finalement déboucher sur l'avenue du Tourisme, au niveau du quartier Brikin.
Que dire du très tristement célèbre Bld Kimbuta, dans la commune de N'Djili? Cette voie, principale artère de forte fréquentation qui relie cette commune au Bld Lumumba, s'est progressivement délabrée, au point de rendre la circulation difficile. Les travaux, commencés depuis plusieurs mois, avancent dans un rythme inquiétant.
Place Victoire, le décor est plus que désolant. Précisément au croisement des avenues du Stade et Popokabaka. Ici, le site est couvert de dalles et des ordures extraites de caniveaux. Visiblement, personne ne s'en offusque! Car le Kinois est habitué de vivre dans un environnement pareil !
UN DEFICIT DE PLANIFICATION?
Loin de nous, la prétention d'avoir fait le tour de tous les chantiers ouverts dans la capitale.
Toutefois, nous pouvons l'affirmer, sans crainte d'être contredit, que la réalité reste la même partout. L'évolution très lente des travaux demeure le dénominateur commun pour tous ces chantiers.
Dès lors, de nombreux observateurs pensent que cette lenteur est consécutive au bon rythme de financement. Possible. A l'hypothèse que la raison soit celle-là, on est alors en droit de se poser de vraies questions. Avait-on planifié ces travaux lancés en cascade dans la ville?
Lorsque les ressources sont limitées, la sagesse commande d'établir une échelle de priorités. Cet exercice est essentiel pour diriger les ressources disponibles vers les tâches les plus importantes, afin d'éviter la dispersion, de gérer les contraintes, d'optimiser les gains et de rester focalisé sur l'essentiel. Pour ce faire, il est donc conseillé d'identifier les objectifs stratégiques, évaluer l'importance et l'urgence des tâches, puis allouer les ressources humaines, financières, technologiques et matérielles en conséquence. Y avait-on pensé?
Tout bien considéré, ce n'est pas en ce mois de septembre que prendront fin les travaux entamés depuis des mois sur certaines principales routes de Kinshasa. Nous voici, depuis plusieurs semaines, à la fin de la saison sèche. Au regard de l'évolution très lente des travaux dans différents chantiers, d'aucuns redoutent le pire à Kinshasa, au retour très imminent des pluies. "Gouverner, c'est prévoir", conseille Emile de Girardin.
Grevisse KABREL