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Kasaï-Central : Les enseignants du territoire de Dibaya menacent de reprendre la grève pour une dette de 2021
À peine la grève des enseignants levée, la tension sociale monte à nouveau dans le territoire de Dibaya, province du Kasaï-Central. Les académiciens, regroupés au sein de divers syndicats, menacent de reprendre leur mouvement de grève si une ancienne empreinte financière, datant de novembre 2021, n'est pas régularisée dans les délais impartis.
Le syndicaliste Alphonse Tshibuyi, représentant des enseignants de Dibaya, a communiqué hier matin rappelant que la somme due correspond à des salaires non versés depuis novembre 2021, malgré une disponibilité des fonds. " Nous avons accordé un moratoire de 30 jours à l'État pour honorer ses engagements financiers. Il est impératif que ce montant soit versé aux enseignants, car la plupart d'entre nous vivent dans des conditions déjà très précaires ", a-t-il menacé.
Les enseignants, dont la situation économique est souvent mise à rude épreuve par les retards de paiement de leurs salaires,, ont donc décidé de se donner encore une chance avec cet ultimatum. Si aucune action concrète n'est entreprise d'ici au 30 janvier 2025, un appel à la grève sera lancé, menaçant ainsi la continuité des cours et, par conséquent, l'éducation des enfants de la province.
La décision des enseignants de se mobiliser à nouveau intervient dans un contexte où le système éducatif du Kasaï-Central est déjà affaibli par les crises successives. Les grèves à répétition pour le non-paiement des salaires ont impacté négativement la qualité de l'enseignement, et les élèves se retrouvent souvent déscolarisés ou contraints de suivre une éducation intermittente.
Les mesures de rétorsion envisagées risquent d'aggraver la situation, et l'éventualité d'un nouveau mouvement de grève suscite des inquiétudes parmi les parents d'élèves et les acteurs de la communauté éducative.
Le syndicat des enseignants appelle dès à présent l'État à une table de négociation pour éviter une aggravation de la crise. Le non-respect de cet ultimatum serait vu non seulement comme une incapacité à faire face aux obligations de l'État, mais également comme un signe d'irresponsabilité à l'égard de l'éducation, pilier du développement du pays.
Alphonse Tshibuyi a ajouté que " les enseignants ne demandent pas l'impossible; nous souhaitons simplement être rémunérés pour le travail déjà accompli. Il est temps que les autorités prennent conscience de la valeur de notre profession et du rôle essentiel que nous jouons dans l'avenir de notre nation."
Pour l'heure, les autorités provinciales n'ont pas encore réagi officiellement à cette nouvelle menace de grève. La société civile locale souhaitent que des mesures concrètes soient prises rapidement pour apaiser les tensions et garantir le droit à l'éducation pour tous les enfants du territoire de Dibaya. La prise de décision sera observée avec vigilance, car des actions tardives pourraient mener à une paralysie totale de l'enseignement dans la province.
Félix Mulumba Kalemba