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Kaniama-Kasese : Le Service national vise 50.000 tonnes de maïs cette année
Le Lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik avance lentement à travers les alignements réguliers de maïs. La main posée sur la terre, il observe, évalue, puis sourit : " Très bonne levée", dit-il simplement. À Kaniama-Kasese, la saison s'annonce prometteuse. Le Service national vise 50.000 tonnes de maïs cette année, soit le double de la récolte précédente.
Un pari audacieux, mais pas irréaliste. Le commandant du Service national l'affirme avec conviction : " Dans deux ans, nous atteindrons 100.000 tonnes ". Derrière cette déclaration, se dessine la détermination d'un homme et la volonté d'une institution engagée à transformer la terre congolaise en véritable grenier national.
Depuis 2019, les champs de Kaniama-Kasese incarnent un pan concret du rêve du président Félix Antoine Tshisekedi : bâtir un Congo qui se nourrit lui-même. Le Service national, bras opérationnel de cette ambition, s'est mué en laboratoire de la renaissance agricole.
"LA TERRE NE TRICHE PAS, ELLE REND CE QU'ON LUI DONNE "
" La terre ne triche pas, elle rend ce qu'on lui donne ", répète souvent le Lieutenant-général Kasongo Kabwik. Une maxime qu'il traduit en actes : inspection rigoureuse des semis, suivi du taux de germination, amélioration du rendement par hectare. Chaque épi compte, chaque saison écrit un nouveau chapitre de la reconquête agricole.
À une soixantaine de kilomètres de là, Zaka Dilata renaît lentement de ses ruines. Ce site agricole, autrefois symbole d'un projet ministériel inachevé, n'était plus qu'un cimetière de machines : tracteurs démantelés, hangars délabrés, outils neufs mais inutilisés. " Regardez ce matériel… tout neuf, jamais utilisé ! ", s'indigne le général, avant d'ajouter, presque apaisé : " Nous avons décidé d'en faire une chance, pas un souvenir. "
Grâce à son plaidoyer, le président de la République a confié la gestion du site au Service national. Première étape franchie : 65 kilomètres de route réhabilités. Une victoire logistique, essentielle pour redonner vie à ce vaste domaine agricole. " Sans routes, pas d'agriculture ", rappelle le commandant. Aujourd'hui, les moteurs ronronnent, les semences germent et les espoirs refleurissent.
L'histoire de ce renouveau s'est pourtant écrite dans la difficulté. "On a travaillé ici un mois, dans la boue, sans professeur, sans renforts", se souvient le général. "Mais la volonté qu'on a, c'est elle notre moteur. L'intelligence, c'est savoir s'adapter aux pires conditions."
Sous sa direction, les équipes du Service national ont su improviser, bâtir, réparer. Ponts en moellons, fossés d'évacuation, routes stabilisées : 150 camions de pierres mobilisés pour rendre les axes praticables. Pas de discours triomphalistes, seulement des résultats concrets. "L'héroïsme, ici, ne se proclame pas. Il se laboure", résume sobrement un encadreur.
L'AVENIR PREND RACINE
À Kaniama-Kasese, la vision se structure. Trois silos géants et une minoterie sont en construction, confiés à des ingénieurs chinois. Le site prend forme, se densifie, devient modèle. "Kaniama-Kasese n'est plus un simple projet, c'est un symbole de ce que le Congo peut accomplir par lui-même", confie un technicien, visiblement fier de contribuer à cette œuvre collective.
Chaque épi de maïs ici porte une promesse : celle d'un pays qui se relève, d'un peuple qui veut vivre du fruit de son labeur. Ce champ n'est pas seulement agricole il est symbolique.
Kaniama-Kasese, c'est le champ d'espérance d'un Congo debout, qui croit encore que le travail, la discipline et la foi peuvent transformer la poussière en abondance.
Jérémie ASOKO