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Kagamé égal à lui-même
Question à un franc… rwandais symbolique: y a-t-il vraiment matière à jouer les vierges effarouchées à la suite des propos de Paul Kagamé sur la RDC ? La réponse est tout simplement non. Il y a, au contraire, de quoi être étonné de l’étonnement des Congolais tant la dialectique négationniste du Président rwandais est d’une constance implacable.
Au mépris des évidences, Kigali n’a jamais reconnu la moindre responsabilité dans la tragédie congolaise. Même le très documenté Rapport Mapping n’a pas fait changer d’un iota la religion de Paul Kagamé. En écho à la « bonne nouvelle » de son Président, l’ambassadeur du Rwanda à Kinshasa récite et répercute avec talent la doxa de Kigali. Là non plus, rien de surprenant. Tel est son job. Il est payé pour ça. C’est, somme toute, trivialement normal.
Là où le bât blesse, c’est que les autorités rd congolaises n’ont pas l’air de se formaliser de la position du Rwanda officiel. Une position dénuée du moindre « mea culpa » qui, naturellement , heurte la conscience nationale. S’il est dans l’intérêt stratégique du pouvoir rwandais de passer par pertes et profits la violation de l’intégrité territoriale de la RDC avec force massacres et destructions -Mwenga, Makobola, Kasika, Kamituga, Kisangani…-, tel n’est pas le cas pour Kinshasa. La RDC est, au contraire, en droit de créer un rapport de force pour que justice soit faite aux millions de Congolais.
Ce n’est sans doute pas en multipliant des salamalecs diplomatiques… sans contrepartie que les dirigeants rd congolais arriveront à solder les comptes avec Kigali. Ce n’est pas non plus en empruntant maladroitement des raccourcis historiques sur les réconciliations entre pays que l’on parviendra à légitimer le rabibochage avec le Rwanda légal.
Certes, on ne saurait choisir ses voisins. Il est vrai qu’on ne pouvait attendre Napoléon pour soutenir que la politique d’un Etat est dans sa géographie. Ces considérations historiques et géographiques n’ont de sens que là où s’installe la paix des braves. Celle qui honore les nations autrefois en conflits.
Pas la peine d’avoir un parchemin en géopolitique pour savoir que l’on est à mille lieues de ce cas de figure dans les rapports entre la RDC et le Rwanda. Car, adossé aux puissances qui œuvrent -sale besogne- depuis un quart de siècle à l’émasculation de la RDC afin de continuer à exploiter les ressources naturelles, Paul Kagamé n’a pas esquissé la moindre concession à ses « frères » rd congolais.
Pire, il n’a que faire d’indignations, de colères et même de pleurs des Congolais. Lui qui utilise la donne FDLR dans les Kivu comme fonds de commerce, rente de situation ou encore assurance -longévité au pouvoir. A partir de là, droit dans ses bottes, le Général-président estime être dans son bon droit de marcher sur le droit international au nom d’un « droit d’ingérence » dont lui seul connait les contours.
Avec la dernière saillie du chef de l’Etat rwandais, il est plus que temps que le Pouvoir congolais évalue son rapprochement avec le Rwanda. D’ores et déjà, difficile d’affirmer que cette « ostpolitik » déclinée par Fatshi rime avec realpolitik. José NAWEJ