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Journée mondiale contre l’hépatite : un médecin alerte sur une menace silencieuse en RDC
À l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite, célébrée le 28 juillet de chaque année, le Dr Michée Kanda, docteur en Médecine et spécialiste en Santé publique, a tiré la sonnette d’alarme sur la progression des hépatites virales en RDC notamment les formes B et C, qui demeurent les plus préoccupantes dans le pays.
A en croire ce spécialiste, l’hépatite est une inflammation du foie, causée dans la plupart des cas par des virus. En RDC, les formes B et C sont les plus dangereuses car elles peuvent évoluer vers des maladies chroniques graves comme la cirrhose ou le cancer du foie.
Les hépatites B et C se transmettent principalement par contact avec le sang contaminé, les rapports sexuels non protégés, de la mère à l’enfant à la naissance, ou encore par l’usage de matériel non stérilisé en milieu médical ou esthétique.
«Il suffit d’un acte médical ou d’un soin esthétique réalisé avec du matériel mal désinfecté pour exposer une personne au virus. Il en est de même pour les accouchements sans précaution ou les rapports sexuels non protégés», a alerté le Dr Kanda lors d’un entretien accordé à notre rédaction.
Des symptômes discrets, un dépistage indispensable
Bien que la maladie reste silencieuse pendant des années, certains signes doivent inciter à consulter un médecin: fatigue persistante, jaunisse, nausées, douleurs abdominales et urines foncées.
«Le diagnostic repose sur une simple prise de sang. Mais en RDC, beaucoup arrivent à l’hôpital à un stade avancé, faute d’avoir été dépistés à temps», a regretté le spécialiste.
Le Dr Michée Kanda reconnaît que l’accès au dépistage demeure limité, notamment en zones rurales. Seuls certains centres de santé de référence, hôpitaux généraux et structures privées urbaines proposent le test de manière systématique.
Côté traitement, l’hépatite C peut aujourd’hui être guérie grâce à des antiviraux disponibles dans quelques centres. En revanche, l’hépatite B ne se guérit pas, mais peut être contrôlée par un traitement continu.
«Le vrai défi, c’est l’accessibilité. Les médicaments existent, mais ne sont pas à la portée de tous, surtout dans un contexte où les soins de santé sont souvent payants», a-t-il souligné.
La prévention comme principale ligne de défense
Le Dr Kanda insiste sur l’importance de la vaccination contre l’hépatite B, notamment à la naissance, comme mesure préventive de premier ordre. Il appelle également à éviter les pratiques à risque, à promouvoir l’utilisation de matériel stérile et à intensifier la sensibilisation communautaire.
Pour prévenir la maladie, le Dr Michée Kanda a lancé un message sans équivoque.
«Faisons de la prévention une priorité. L’hépatite tue en silence. Protégez-vous, faites-vous dépister, faites vacciner vos enfants et exigez du matériel stérile dans tous les soins médicaux. Ce sont des gestes simples, mais qui sauvent des vies», a-t-il lancé.
Tricya MUSANSI