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Ville de Kinshasa : La population mécontente du manque de suivi des mesures prises par les autorités
La ville de Kinshasa a du mal à profiter des mesures salutaires prises tant sur le plan environnemental, sécuritaire qu’économico-social. Pour faire face à toutes ces contraintes et redonner à cette grande métropole son image d’antan, plusieurs mesures ont déjà été prises par les autorités tant nationales qu’urbaines. Malheureusement, elles n’ont été suivies d’aucun effet, à cause surtout du manque de suivi.
Au nombre de problèmes auxquels est confronté la ville-province, figure en pole position la gestion de l’insalubrité. Pour s’en rendre effectivement compte, il sied de faire un tour dans la ville après la pluie.
La cause principale de cette insalubrité incombe essentiellement aux propriétaires des restaurants de fortune, communément appelés «malewa». Installés généralement à bord de grandes avenues, ils jettent leurs ordures sur les trottoirs par manque de poubelles, ternissant du coup l’image de la ville.
S’ils vendent à côté des caniveaux, ils y déversent, sans la moindre gêne, les restes de leurs produits. Une fois ces caniveaux remplis, les eaux des pluies débordent et provoquent des inondations.
Ce qui rend également insalubre la capitale, ce sont ces épaves des véhicules abandonnées vaille que vaille sur les avenues et places publiques. Cas courants dans les communes huppées de Gombe et de Ngaliema, ou celles urbano-rurales de Mont Ngafula, de Nsele ou de Kimbanseke…
Le triomphe de l’insalubrité
Pour mettre tant soit peu fin à tout ce désordre, différentes mesures ont été prises, mais elles n’ont été suivies d’aucun effet palpable. Au contraire, la situation ne fait que s’empirer. Concernant, par exemple, l’envahissement de la voie publique par les «malewa», plus les années passent, plus les avenues se rétrécissent.
En conséquence, même la circulation des piétons devient compliquée. Preuve, les avenues du Commerce, dans la commune de Gombe, et l’avenue du 24 novembre, à la hauteur du marché de Selembao, bien que bétonnées, sont devenues des dépotoirs d’ordures.
Cette anarchie s’est exacerbée suite au manque de suivi dans l’application des mesures arrêtées. La dernière en date est celle relative à l’interdiction de la circulation des motos dans la commune de Gombe.
Les premiers jours, elle était efficace. Mais, au fil du temps, les motards, communément appelés «wewa», commencent à s’en passer. Nous sommes sûrs et certains que, très prochainement, ladite mesure sera entièrement bafouée.
La consommation de la drogue se fait au grand jour
Sur le plan sécuritaire, la montée du banditisme urbain autrement appelé « kuluna », s’explique surtout par le fait que la mesure interdisant la consommation de la drogue et de l’alcool à forte dose, le «Zododo», n’est pas appliquée. Le chanvre et autres drogues sont pris au vu et au su des autorités, sans la moindre réaction de leur part.
Au début de cette mesure, l’on a senti un petit recul de la délinquance juvénile dans la capitale, surtout lorsque les fabricants de ces produits excitants étaient traqués. Ils avaient réduit leur production, mais c’était tout simplement pour divertir les autorités.
S’agissant du secteur socio-économique, la mesure portant fixation des tarifs de transport est battue en brèche par les chauffeurs de taxis et taxis-bus. Et ce, sous la barbe des autorités qui ont fixé lesdits tarifs. Comme pour se moquer d’elles (autorités), ces conducteurs, non seulement ne respectent pas ces tarifs, mais ils ont aussi fixé les leurs selon leur gré, et selon les heures de la journée.
Quant aux nuisances sonores, les débits de boissons et les églises dites de réveil rivalisent d’ardeur au grand jour, sans être inquiétés par qui que ce soit. La mesure y relative est foulée aux pieds.
Il existe bien d’autres mesures qui sont sabotées par des inciviques, sans qu’ils soient réprimés. Face à cette léthargie des autorités qui laissent faire les hors-la-loi, les Kinois les invitent à sortir de leur torpeur et à assumer leurs responsabilités, conformément à leurs prérogatives régaliennes. On ne s’amuse pas avec le pouvoir. On l’exerce avec autorité. Muke MUKE