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Université de Beiwaï : un sanctuaire de l'apprentissage linguistique et de la coopération sino-africaine
* Présenter l'Afrique à la Chine et la Chine à l'Afrique, la mission de cette université.
Parmi les plus prestigieuses institutions chinoises dédiées à l'enseignement des langues et aux échanges culturels, l'Université des Langues Étrangères de Pékin (Beiwaï) s'impose comme un véritable sanctuaire du savoir linguistique. Cette vocation s'est illustrée récemment lors de la visite d'une délégation de journalistes francophones africains, accueillis dans le cadre d'un séminaire de formation.
Le jeudi 12 juin dernier, une vingtaine de rédacteurs en chef venus d'Afrique francophone ont été reçus à l'Université des Langues étrangères de Pékin, communément appelée Beiwaï. Cette rencontre a eu lieu dans le cadre du séminaire de renforcement des capacités, organisé par le groupe China International Communications Group (CICG), en partenariat avec l'Université. Occasion pour les participants d'échanger avec le Professeure Li Hongfeng, doyenne de l'Institut des Études africaines.
" L'objectif de notre formation est de former des jeunes qui savent d'abord servir leur pays. Apprendre une langue étrangère ne signifie pas forcément aller vivre à l'étranger, même si ce choix leur appartient. Ce que nous voulons, c'est former une jeunesse dotée d'une vision globale, apte à contribuer au développement de la planète ", a déclaré la professeure Li Hongfeng devant ses hôtes.
APPRENTISSAGE DE 101 LANGUES ETRANGERES
Depuis sa création en 1941 à Yan'an, alors qu'elle formait les traducteurs de l'armée de résistance contre le Japon, l'Université de Beiwaï a constamment évolué au rythme des priorités stratégiques de la Chine. Devenue en 1954 l'Institut des Langues étrangères de Pékin, puis rebaptisée en 1994 Université des Langues Étrangères de Beijing, cette institution est aujourd'hui directement rattachée au ministère de l'Éducation.
L'offre de formation s'est considérablement élargie. Hier encore, c'était huit langues dans les années 1950 (dont le russe, le français et l'allemand). Aujourd'hui, Beiwaï enseigne 101 langues étrangères. Parmi celles-ci, 20 sont des langues africaines. Un fait rare dans le paysage universitaire mondial.
" La Chine est un pays riche culturellement et ouvert aux cultures du monde. Pour accéder aux réalités africaines, il faut maîtriser les langues africaines. Il ne suffit plus de communiquer en anglais ou en français dans la coopération sino-africaine ", souligne la doyenne. Et d'ajouter : " C'est pourquoi nous avons lancé le programme Langue+, permettant aux étudiants d'associer une langue étrangère à une seconde spécialisation : diplomatie, commerce, gestion ou finance. "
la Chine et l'Afrique
L'Afrique occupe une place de choix dans la stratégie académique de Beiwaï. Depuis la création du Département Asie-Afrique en 1961, l'université n'a cessé de renforcer l'enseignement des langues africaines. En 2019, elle a inauguré la School of African Studies, un espace unique où se côtoient le swahili, le haoussa, le somali, le zoulou, l'amharique, le shona, le yoruba, le créole, le kinyarwanda, le comorien, et bien d'autres.
Au-delà de la simple transmission de savoirs linguistiques, Beiwaï se positionne comme un acteur du rapprochement culturel sino-africain. " Présenter l'Afrique à la Chine et présenter la Chine à l'Afrique" : telle est la devise qui guide les missions de l'Institut des Études africaines.
Dans ce sanctuaire du multilinguisme, les étudiants sont appelés à devenir des passeurs de cultures, des intermédiaires entre peuples et des bâtisseurs de coopération durable.
Notre envoyé spécial Christian-Timothée MAMPUYA depuis Beijing