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Thérèse Kayikwamba: "Ce deal a beaucoup de promesses"
* Une lueur d'espoir dans l'interminable tumulte de l'Est congolais
Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères a livré, le week-end, un plaidoyer fort sur l'accord de paix récemment conclu entre la RDC et le Rwanda sous l'égide des États-Unis. Un accord qualifié d'historique par plusieurs capitales occidentales et africaines, mais dont certains observateurs accusent de manque de détails opérationnels. La cheffe de la diplomatie congolaise, elle, voit dans ce texte un tournant majeur.
D'emblée, Thérèse Kayikwamba Wagner s'est montrée confiante. " Ce deal a beaucoup de promesses ", a-t-elle affirmé, saluant le rôle décisif des États-Unis, qui ont, selon elle, mobilisé tout le poids de leur appareil diplomatique pour faciliter la signature de cet accord. "Avec leur position de facilitateur et de garant, ils auront la capacité de tenir chaque partie prenante responsable de ses engagements ", a souligné Thérèse Kayikwamba sur les antennes de BBC.
À ceux qui reprochent à l'accord un flou sur certains points, elle répond sereinement : " Beaucoup de critiques sont intervenues avant même que le contenu ne soit disponible. Aujourd'hui, l'accord est public et riche en dispositions couvrant des questions critiques ", insistant toutefois sur le fait qu'un accord ne vit pas en vase clos. " Il doit s'inscrire dans un écosystème favorable pour porter les fruits qu'il promet ", a-t-elle précisé.
L'accord prévoit le retrait des forces rwandaises
Interrogée sur le rôle du Rwanda, dont l'implication dans le soutien aux rebelles du M23 est régulièrement dénoncée par Kinshasa et plusieurs ONG, la ministre congolaise a été claire. "L'accord prévoit le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. C'est un élément crucial de ce texte, qui reconnaît la nature du conflit et précise les responsabilités de chacun ", a-t-elle affirmé, coupant court aux dénégations officielles de Kigali.
Alors que certains redoutent que la médiation américaine soit davantage motivée par la sécurisation des minerais stratégiques congolais que par une paix durable, Thérèse Kayikwamba Wagner a tenu à remettre les choses à leur place : " Nous n'avons pas signé un accord commercial, mais un accord de paix. Et ce qui est remarquable, c'est que l'administration américaine a fait de la paix la condition préalable à tout projet économique futur. C'est un signal fort ", a-t-elle défendu.
La justice est une priorité
La ministre a également évoqué le drame humanitaire dans l'Est du pays, où des millions de Congolais vivent déplacés ou sous occupation. " Cet accord porte une immense promesse pour eux. Nous recevons des appels de compatriotes de l'Est espérant que ce texte aboutira enfin au départ des forces d'occupation. C'est un espoir légitime de paix, de justice et de dignité pour ces populations meurtries ", a confié Thérèse Kayikwamba.
Sur la question de la justice pour les victimes des atrocités, elle a rappelé l'engagement personnel du président Félix Tshisekedi à défendre les droits des Congolais. " La justice est une priorité. Elle devra être assurée tant au niveau local qu'au niveau régional ", a-t-elle insisté, soulignant que cet accord n'est qu'une étape dans un processus plus large et plus complexe de réconciliation et de restauration de l'autorité de l'État.
En refermant cet entretien, Thérèse Kayikwamba Wagner a livré un message empreint de réalisme et d'espoir : " Cet accord n'aurait pas vu le jour sans une mobilisation politique forte. Nous devons maintenant veiller collectivement à son application rigoureuse. Le destin de millions de Congolais en dépend ".
Un discours de vérité et de responsabilité, qui donne au pays un nouveau souffle diplomatique dans cette crise régionale aussi ancienne que tragique. Jérémie ASOKO