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Révision ou changement de la Constitution : Privilégier l'auto-sauvetage ou la stabilité de la nation ?
Le microcosme politique rd congolais est déjà en ébullition depuis que certains membres de l'Union sacrée pour la nation (USN) poussés par l'UDPS ont jeté le pavé dans la mare en déclarant urbi et orbi que l'actuelle constitution mérite d'être révisée ou qu'il faut carrément une nouvelle loi fondamentale. Comme il fallait s'y attendre, les anti- pouvoir sont montés au créneau pour fustiger ce projet jugé "funeste".
Bien que le rapporteur de l'Assemblée nationale ait fait savoir qu'il n'est prévu aucun point relatif à ce sujet dans le calendrier de la session de mars en cours, les réactions n'ont pas cessé. Du côté de l'Opposition, notamment dans le camp de l'Ensemble de Moïse Katumbi, et de la société civile avec la Lutte pour le changement (LUCHA) et l'Association africaine pour les droits de l'homme (Asadho) de Jean Claude Katende, le ton reste le même. Pour le député national Ensemble pour la nation, Christian Mwando, il n'est pas question de parler de la révision ou du changement de la constitution en ce moment où le pays est en guerre, ce qui a imposé l'état de siège. Pour la LUCHA et l'Asadho, il n'est pas question de faire reculer la fragile démocratie acquise au prix de mille et un sacrifices.
À analyser les propos des uns et des autres, la question fondamentale qui vaut la peine d'être soulevée aujourd'hui est celle de savoir s'il faut privilégier l'auto-sauvetage ou placer la stabilité de la nation avant tout intérêt partisan.
Transhumance politique inquiétante
À cette question il est très difficile d'y apporter une réponse précise au regard de la transhumance qui caractérise la classe, pardon, les acteurs politiques congolais qui changent de discours selon qu'ils veulent accéder ou se maintenir au pouvoir. Même nos professeurs d'université n'échappent pas à ce rabaissement. Souvent, il est ridicule pour eux -mêmes lorsqu'ils se retrouvent face à un miroir en train de suivre leurs prises de position d'hier. Dans un passé récent, l'actuelle constitution était encensée comme étant la meilleure que la RDC a connue, aujourd'hui la même loi des lois est vouée aux gémonies, comme si c'est elle qui pousse les politiciens à se comporter comme ils le font maintenant.
Quand bien même il ait été poussé à la démission, Modeste Bahati a tenu des propos qui restent gravés dans la mémoire collective, car effectivement la RDC est confrontée à un problème très sérieux d'hommes et non de textes. Si l'on transfère aujourd'hui les acteurs politiques congolais dans un État de vieille démocratie occidentale, et si l'on fait l'inverse les résultats enregistrés seront opposés. L'Occident deviendrait la bouillabaisse tandis que la RDC un pays où il ferait beau vivre. Car, le problème réside plus dans la mentalité que dans les textes qui régissent le fonctionnement des institutions. On peut donc changer de constitution autant de fois sans parvenir à transformer le pays.
Dans le cas de la RDC précisément, si notre mémoire est bonne, la plupart des politiciens qui ont "transhumé" vers l'USN avaient modifié la constitution pour passer de deux tours de la présidentielle à un seul. Selon des sources crédibles, cette opération s'est faite moyennant une motivation de 30.000 dollars américains. Cet acte de trahison envers le peuple a désorienté le destin de toute une nation. Le PPRD et ses alliés avaient rempilé alors que l'Opposition de l'époque qui avait le vent en poupe, aurait pu remporter la présidentielle si un second tour avait eu lieu.
Par rapport à ce passé récent, il importe que ceux qui ont le destin de la RDC en mains puissent réfléchir plusieurs fois tout en n'oubliant pas que vanité des vanités, tout est vanité, et que le jugement de l'histoire est implacable.
Muke MUKE