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Rentrée scolaire: Raïssa Malu réaffirme la gratuité
* La patronne de l'Education nationale a annoncé l'intégration progressive de l'Intelligence artificielle dans l'enseignement.
Invitée du briefing de presse co-animé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, a dressé, hier jeudi 04 août, un bilan encourageant de la rentrée scolaire tout en exposant les grands axes de modernisation du système éducatif congolais.
La ministre s’est dit satisfaite de la mobilisation du corps enseignant et des partenaires éducatifs. «Nous avons eu la majorité des enseignants présents à leur poste. Cet engagement mérite d’être salué», s'est-elle réjouie. Toutefois, si près de 70 % des élèves ont repris le chemin de l’école dès les deux premiers jours, la ministre de l'Education a insisté sur la responsabilité des parents: «Chaque jour compte. J’invite les familles, surtout à envoyer les filles, car elles ne doivent pas rester à la maison».
Au cœur de son intervention, Raïssa Malu a tenu à clarifier les débats suscités par certaines rumeurs autour de la gratuité. «L’obligation et la gratuité de l’enseignement primaire public sont inscrites dans la Constitution. On ne peut pas revenir en arrière», a-t-elle rappelé, en mettant en garde contre toute perception illégale de frais dans les écoles publiques. L’État, a-t-elle souligné, prend en charge les salaires des enseignants ainsi que les frais de fonctionnement.
L’intelligence artificielle permet d’adapter l’apprentissage
Au-delà de la rentrée, Raïssa Malu a exposé sa vision tournée vers l’innovation. Elle a rappelé qu’un projet pilote, mené dès 2020 dans plusieurs villes du pays, avait montré que l’usage de l’intelligence artificielle (IA) en mathématiques permettait aux élèves de gagner «jusqu’à deux ans et demi» en seulement six mois.
Convaincue du potentiel de cette technologie, elle entend la généraliser. «L’IA permet d’adapter l’apprentissage au rythme de chaque enfant, ce qui est précieux dans des classes souvent surchargées», a-t-elle expliqué. L’enseignement à distance, désormais encadré légalement, sera déployé par étapes, en combinant télé, radio, Internet et solutions satellitaires pour couvrir même les zones rurales.
Raïssa Malu a également insisté sur le renforcement de la qualité de l’enseignement. Un diplôme post-secondaire est désormais requis pour enseigner au primaire, et des instituts de formation des maîtres sont en construction. Parallèlement, des dispositifs de formation continue, adossés aux technologies numériques, viendront appuyer les enseignants déjà en activité.
L’inspection scolaire, en cours de modernisation, sera orientée vers un rôle d’accompagnement pédagogique. «L’inspecteur ne doit pas être perçu comme un policier, mais comme un coach», a souligné la ministre.
«L’IA est là, elle s'imposera»
Enfin, la ministre a plaidé pour une intégration progressive des langues nationales dans l’enseignement, parallèlement au français, afin de renforcer les apprentissages. Elle a également invité la société congolaise à s’approprier les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, en dépassant les peurs qu’elles suscitent. «L’IA est là, elle s’imposera. Notre responsabilité est de l’intégrer intelligemment pour en faire une opportunité, et non une menace», a-t-elle encouragé.
Avec fermeté, Raïssa Malu trace donc la voie : une école congolaise gratuite, inclusive et résolument tournée vers l’avenir numérique.
Jérémie ASOKO