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REFORME CONSTITUTIONNELLE : Après sa rencontre avec Fatshi, Kamerhe appelle à un débat serein et inclusif
À l'issue d'un entretien avec le Président Félix Tshisekedi, le speaker de l'Assemblée nationale,Vital Kamerhe, a abordé la question de la révision de la Constitution. Bien qu'il soit resté quelque peu évasif sur le sujet, il a rappelé que la procédure de réforme constitutionnelle est prévue à l'article 218 de la Loi fondamentale.
Alors que le débat sur la réforme de la Constitution continue de susciter vives réactions et divisions au sein de la classe politique et de la société civile, Vital Kamerhe, a affirmé que ce projet ne devait pas être considéré comme un tabou.
" Évoquer cette question n'est pas un tabou, c'est dans la même constitution, à l'article 2018, où l'on prévoit le mode de sa révision et qui sont habilités à prendre une telle initiative. Au numéro 1, c'est indiqué le Président de la République, au numéro 2 le gouvernement réuni en conseil des ministres ; au numéro 3 c'est le parlement… Au numéro 4, c'est la population congolaise, par une pétition de 100 000 personnes. Je ne vois pas là où il y'a le péché, nous sommes toujours dans la légalité constitutionnelle ", a-t-il déclaré à la presse.
Kamerhe a rappelé que la révision de la Constitution est déjà prévue par le texte fondamental, précisant que l'article 218 en détaille les modalités de ce processus. Selon cet article, les acteurs habilités à initier la réforme incluent le président de la République, le gouvernement en conseil des ministres, les chambres du Parlement, ou encore une pétition signée par au moins 100 000 citoyens. " Où est le péché ? Nous sommes dans la légalité constitutionnelle ", a-t-il affirmé, soulignant la légitimité de la démarche et de ses acteurs.
Dans le cadre de la préparation de cette réforme, Tshisekedi envisage de créer une commission multidisciplinaire. Celle-ci, qui n'est pas encore constituée, aura pour mission de réfléchir aux modalités de la réforme et d'impliquer l'ensemble des forces politiques et vives de la nation. " Elle ne sera pas limitée à la majorité ", a précisé Kamerhe, avant d'affirmer la volonté d'assurer un processus inclusif et représentatif.
Des réactions partagées au sein de la classe politique
l'UDPS, parti au pouvoir, plaide pour la réforme en affirmant qu'elle répond aux aspirations du peuple, l'opposition reste sceptique et craint un dévoiement des institutions démocratiques. Des figures politiques influentes, telles que Moïse Katumbi et Martin Fayulu, ont publiquement exprimé leur désaccord, ils mettent en avant les risques de manipulation et d'atteinte à la stabilité démocratique du pays.
Un appel au dialogue et à la sérénité
Face à ces tensions, Vital Kamerhe a appelé à la retenue et à un dialogue constructif. " Certains préfèrent réfléchir à haute voix, d'autres à voix basse. L'essentiel est de garantir un processus inclusif et respectueux de la légalité constitutionnelle ", a-t-il conclu. Cette déclaration souligne l'importance d'un consensus national et d'un engagement collectif pour garantir que toute réforme soit menée dans les meilleures conditions et qu'elle serve réellement les intérêts de la population congolaise.
En attendant, la RDC reste à la croisée des chemins. Les prochaines étapes, notamment la création de la commission et l'entame des discussions sur le fond, seront décisives pour déterminer si cette réforme constituera un tournant vers une gouvernance plus adaptée aux besoins du pays ou si elle renforcera les divisions déjà présentes au sein de la société et de la classe politique.
Christian-Timothée MAMPUYA