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Réforme constitutionnelle : André Mbata rétropédale
* L'opinion s'interroge: Est-ce un recul ou une simple mise au point?
Vingt-quatre heures après avoir lancé la collecte des propositions sur une éventuelle réforme constitutionnelle, le Secrétariat permanent de l’Union sacrée de la Nation opère une clarification qui intrigue et alimente le débat politique. Dans un communiqué diffusé récemment, André Mbata Betukumesu Mangu, Secrétaire permanent de la plateforme présidentielle, tente de recadrer les interprétations suscitées par son initiative.
Dans ce document daté du 21 avril dernier, le Secrétariat permanent affirme que sa démarche ne visait nullement à engager formellement une réforme constitutionnelle, mais plutôt à recueillir et canaliser les desiderata exprimés par plusieurs citoyens. Une nuance de taille, alors que l’opinion publique et certains acteurs politiques avaient déjà interprété cette initiative comme le prélude à une révision de la Constitution.
LE MEA CULPA DE MBATA…
Le communiqué insiste sur le fait que la mission confiée par le chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, se limite à redynamiser la plateforme et à faire remonter les préoccupations populaires à la Haute autorité politique. En clair, le Secrétariat permanent se défend d’avoir pris une quelconque initiative engageant l’ensemble de l’Union sacrée ou la présidence de la République.
Ce rétropédalage apparent soulève des interrogations. S’agit-il d’un simple malentendu corrigé à temps ou d’un véritable ballon d’essai destiné à jauger les réactions de l’opinion avant toute démarche plus formelle? D’autant plus que le communiqué reconnaît que plusieurs acteurs politiques, y compris des députés, des sénateurs et des organisations diverses, se sont déjà lancés dans la collecte des signatures pour soutenir une réforme constitutionnelle.
Rétropédalage ?
Autre point notable : la mise en avant d’une commission technique chargée de compiler les propositions. Une initiative qui, malgré les démentis, laisse entrevoir une structuration en amont d’un débat potentiellement sensible.
Dans un ton ferme, le Secrétariat permanent dénonce, par ailleurs, des «interprétations malveillantes» et des tentatives de nuire à la cohésion de la plateforme présidentielle. Il rappelle également que seul le président de la République, en tant que Haute autorité politique, est habilité à convoquer le présidium de l’Union sacrée, conformément à sa charte.
Eteindre la polémique
L’appel à «rester unis» derrière le chef de l’État sonne comme une volonté d’éteindre une polémique naissante. Mais sur le terrain politique, le doute persiste : clarification sincère ou stratégie de communication face à une réaction jugée prématurée ?
Dans un contexte déjà marqué par des tensions politiques et institutionnelles, ce nouvel épisode relance le débat sur l’opportunité et le timing d’une réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo. Une question qui, visiblement, est loin d’être tranchée.
D’ores et déjà, il y a lieu de remettre en cause l’efficacité de Mbata à la tête de cette plateforme. Pas si longtemps que venait d’engager un bras de fer avec le parti présidé sur la candidature du gouverneur de Sankuru, lequel a suscité de diverses réactions et attaques personnelles entre lui, et certains cadres du parti dont Péter Kazadi, cette énième erreur d’André Mbata accusé de diriger la plateforme sans concertation se fait voir sans aucun doute.
César IPOKA