Dernière minute
Société
"Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants". Cette phrase est le début du Psaume 1:1 dans la Bible. Ce verset décrit l'homme heureux (ou bienheureux) comme celui qui évite l'influence des impies, ne suit pas le chemin des pécheurs et ne s'associe pas aux moqueurs. Bref, il…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Rien ne laissait présager qu’un simple choix vestimentaire allait susciter un tel engouement. Pourtant, en l’espace de quelques heures, le motif du corsage en pagne porté par la Première ministre…
Étranger
La Suisse a affirmé, vendredi, qu’elle "considère l’initiative d’autonomie" présentée par le Maroc "comme base la plus sérieuse, crédible et pragmatique" pour la résolution du différend régional…
Nation
À 11e rue Limete, sur l’esplanade du siège de l’Alliance pour le Changement (A.Ch), la scène a des allures de démonstration politique. Marée humaine, ferveur militante et tonalité combative : pour…
RDC : Le Service national construit un atelier national de confection des tenues militaires à N’sele
Dans la périphérie de Kinshasa, au cœur de la commune de la N’sele, un chantier hors du commun attire désormais tous les regards. Sur une parcelle de 5 000 mètres carrés, les poutres métalliques s’assemblent, les marteaux flambent et les ouvriers s’affairent sans relâche. Ici, s’élève peu à peu le tout premier atelier national de confection des tenues militaires et policières. Une première dans l’histoire du pays.
Fini l’importation de l’uniforme du militaire et du policier en RDC. Le pays s’apprête à habiller ses soldats, ses policiers et ses bâtisseurs par ses propres mains, sur son propre sol. Une vision chère au président Félix Antoine Tshisekedi, concrétisée par le Service national sous la houlette énergique du lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant de cette institution.
Botte poussiéreuse et regard perçant, le lieutenant général Kasongo était lui-même sur le terrain le mercredi 24 septembre. Entre les poutres dressées et les équipes de montage galvanisées, il inspectait chaque détail de l’avancement. Car l’échéance est claire : l’atelier doit ouvrir ses portes avant le 31 décembre. «Pas un jour de plus», martèle-t-il.
Déterminé, il rassure : «Tout est déjà au pays. Même les machines. Nous allons produire 2 000 tenues par jour, soit près de 700 000 par an. De quoi équiper les Forces armées de la RD Congo (FARDC), la Police nationale congolaise (PNC) et le Service national sans dépendre de personne».
Mais les défis restent de taille. Il faut loger et encadrer plus de 850 bâtisseurs qui viendront œuvrer quotidiennement dans ce vaste chantier. Des cantonnements doivent être construits, des moyens supplémentaires mobilisés. «Chaque défi est une marche de plus vers notre souveraineté», confie le général, convaincu que le pari sera tenu.
Des ex-Kulunas devenus bâtisseurs de la nation
L’atelier ne sera pas seulement une usine. Mais aussi un symbole de transformation sociale. Car, ce sont des anciens «Kulunas» entendez des jeunes jadis entraînés dans la délinquance urbaine, qui tiendront les machines et assembleront les uniformes. Reconvertis par le Service national, ils deviennent désormais des bâtisseurs de la nation.
Au-delà de la structure métallique qui prend forme, ce projet porte un message puissant. Dans ce chantier bourdonnant, c’est bien plus qu’un entrepôt qui s’élève. C’est un acte politique, une réponse claire à la dépendance extérieure. Une affirmation que la République démocratique du Congo peut produire ce qu’elle consomme et défendre ce qu’elle incarne.
À N’sele, chaque poutre dressée et chaque panneau posé racontent une histoire : celle d’un pays qui choisit de reprendre le fil de son destin, aiguille en main, pour tisser un avenir où la souveraineté ne sera plus un slogan, mais une réalité tangible.
En décembre, lorsque les premières tenues sortiront de cette chaîne de production, ce ne sera pas seulement des uniformes. Mais également un drapeau cousu de courage, d’espoir et de dignité nationale.
Jérémie ASOKO