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Procès Mutamba : Suminwa, Alingete et consorts attendus à l'audience de ce mercredi
Le procès de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice poursuivi pour détournement présumé de plusieurs millions de dollars américains, décaissés dans le cadre d'un projet de construction d'une prison à Kisangani, reprend ce mercredi 6 août devant la Cour de cassation. Après le report de la dernière audience dû à l'absence de plusieurs témoins cités par la défense, la comparution attendue notamment de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et de l'ancien inspecteur général des finances Jules Alingete pourrait permettre d'éclairer certains aspects de cette affaire.
Le report de la quatrième audience avait été motivé par l'absence de témoins jugés essentiels pour l'équilibre du débat. Si les personnes citées par le Ministère public avaient répondu à la convocation, celles que la défense tenait à interroger, en commençant par les plus hauts responsables politiques et financiers de l'époque, n'avaient pas été notifiées à temps. Une situation qui a déclenché la colère des avocats de Mutamba, dénonçant une rupture d'égalité entre les parties.
La présence de la cheffe du gouvernement
Ce mercredi, la Cour entend corriger cette anomalie. La présence de la cheffe du gouvernement est particulièrement attendue, tout comme celle de l'ancien patron de l'Inspection générale des finances, figure emblématique de la transparence budgétaire. L'ancienne ministre de la Justice, Rose Mutombo, est également citée, son expérience étant jugée déterminante pour éclairer la procédure qui a conduit à la signature du contrat contesté. La comparution de ces témoins, si elle est effective, pourrait redéfinir la trajectoire du procès.
Deux experts étaient entendus lundi
On rappelle que l'audience précédente n'avait pas été exempte de tensions. L'absence remarquée du secrétaire exécutif de la Cellule nationale des renseignements financiers, Alder Kisula, a alimenté la polémique, celui-ci ayant évoqué la loi sur le blanchiment des capitaux pour justifier son refus de comparaître. Une position vivement critiquée par la défense, qui soupçonne des manœuvres pour priver le tribunal d'un témoignage jugé central. Cette contestation s'est doublée d'un moment de crispation lorsque l'accusé, visiblement irrité, a accusé publiquement la Cour de vouloir l'intimider, affirmant depuis le box : " Arrêtez de m'intimider. Si vous avez déjà un complot planifié, faites ce que vous voulez. "
Malgré ces incidents, la journée de lundi avait permis d'entendre deux experts, dont Christian Kalume, représentant de l'Autorité de régulation des marchés publics. Ce dernier a confirmé la possibilité légale de conclure un marché de gré à gré, tout en rappelant les limites imposées par les textes, notamment sur le paiement anticipé, qui ne peut dépasser 30 % pour les fournitures et 20 % pour les travaux de construction. Une réserve destinée à prévenir tout risque de dilapidation des fonds publics.
Ce mercredi, la Cour mise sur la présence de tous les témoins cités pour rassembler les pièces manquantes d'un dossier qui met à nu les dysfonctionnements persistants dans la gestion des finances publiques en RDC. L'enjeu dépasse la personne de Constant Mutamba : il touche à la manière dont le pouvoir politique, l'administration et les organes de contrôle interagissent dans la gestion des grands projets.
C-Timothée MAMPUYA