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Plaidoyer pour une Agriculture Sécurisée au Nord-Kivu : La Fopac/NK demande au Gouvernement la suppression des perceptions illicites dans les barrières en milieu rural
Treize propositions importantes, notamment l’identification et la suppression à l’intérieur de la province de toutes les barrières illégales, ressortent de la note de plaidoyer des agriculteurs du Nord-Kivu présentée lors d’un point de presse tenu à Goma, le mardi 19 décembre 2023, par la Fédération des organisations des producteurs agricoles du Congo (Fopac/NK) au Nord-Kivu avec le soutien du Projet d’Appui au secteur agricole au Nord-Kivu (PASA/NK). La chargée de plaidoyer, Annette Kanyere, a dressé un tableau sombre de l’agriculture au Nord-Kivu peint par la guerre du M23/RDF, ADF/NALU et autres groupes armés actifs dans l’Est de la RDC. Elle plaide en faveur d’une agriculture sécurisée dans la province du Nord-Kivu auprès d’anciens et nouveaux gouvernants.
Dans son discours, la Chargée de plaidoyer de la Fopac/NK note plusieurs défis auxquels les agriculteurs du Nord-Kivu font face durant cette guerre. Parmi ceux-ci figurent notamment la difficulté d’accéder aux champs (à la terre) et les perceptions illicites dans des barrières. « Si on peut prendre à titre illustratif, la route Sake-Kanyabayonga à une vingtaine des barrières qui font payer les véhicules et les motos mais également les passages des montants forfaitaires variant entre 30.000 et 50.000 FC par personne« , explique Annette Kanyere aux chevaliers de la plume du Nord-Kivu. Elle alerte que les paysans de cette partie du pays n’auront plus accès à la terre à cause des déplacements récurrents. « Le conflits armés à l’Est de la RDC ont causé le déplacement de 5,3 millions de personnes dont 800 000 de personnes forcées de fuir leurs foyers dans la province du Nord-Kivu depuis le début de la crise du M23/RDF en mars 2023« . « Si rien n’est fait en termes de sécurisation du milieu rural déjà occupé par les assaillants, prévient-elle, les paysans risquent de perdre définitivement leurs terres qui sont présentement la revendication des assaillants« .
Treize propositions des paysans aux anciens et nouveaux gouvernants
Cette note de plaidoyer, adressée au régime légalement établi en RDC, présente 13 propositions urgentes pour une agriculture sécurisée dans le Nord-Kivu. Ce sont les membres des organisations du mouvement paysan qui ont dressé ces propositions tout en encourageant les efforts consentis pour ramener la paix en RDC dans sa partie Est. Elles recommandent l’identification des vrais auteurs matériels et intellectuels des actes sanglants et destructeurs dans la province, la prise en compte des informations fournies par les populations victimes et l’utilisation des stratégies adaptées à cette guérilla. Ces organisations réclament également l’arrestation ou la mise hors d’état de nuire de tous les seigneurs de guerre sans cœur qui sont en liberté, le désarmement forcé et le contrôle responsable de l’entrée des armes ainsi que la prévention des infiltrations suspectes sur le sol congolais. Les organisations concernées sollicitent aussi la mutation (relève de troupes) des militaires, des agents de sécurité et la police qui ont fait longtemps dans la zone sinistrée, le renforcement de la collaboration entre les militaires et la population civile en vue de dénoncer et traquer les bourreaux.
mettre fin a l’impunite par une justice impartiale
Il en est de même de l’accélération du processus de démobilisation et réinsertion sociale des démobilisés en respectant les engagements des uns et des autres, la bonne prise en charge des militaires aux fronts en renforçant la logistique ainsi que le cantonnement des militaires et la maitrise de leurs effectifs pour éviter le scandale des militaires. Elles exhortent le gouvernement à mettre fin à l’impunité par l’instauration d’une justice objective, indépendante et impartiale, le suivi et le contrôle de la logistique de l’armée, la finalisation des audits des opérations militaires afin de sanctionner les coupables de détournements, le contrôle systématique des systèmes de communication opérationnels dans la zone (l’armée, les compagnies de communication) afin de détecter les personnes impliquées dans l’insécurité et de punir les concernés suivant la loi. Et enfin, l’identification et la suppression à l’intérieur de la province de toutes les barrières illégales tel que voulu par le Président de la République.
Assurer la sécurité
« Nous avons confiance en nos dirigeants. C’est de notre droit et devoir de leur rappeler pour qu’ils répondent à un certain pourcentage de nos préoccupations« , a renchéri le secrétaire exécutif de la Fopac/NK, Tharcisse Balikwisha. Cette organisation a exprimé sa volonté de travailler avec les hommes de médias pour faire parvenir les voix des paysans directement aux décideurs. La Fopac/NK croit en la province du Nord-Kivu où la paix et l’absence des tracasseries existent. C’est pourquoi « nous demandons aux gouvernants de nous assurer la sécurité« , a-t-il conclu.
La Fopac/NK appelle les autorités locales, les organisations internationales et les partenaires du développement à soutenir activement ces mesures. En investissant dans une agriculture sécurisée, le Nord-Kivu peut réaliser son potentiel agricole et contribuer à la prospérité de ses habitants. Notons que la Fopac/NK compte plus de 160.000 agriculteurs répartis dans 50 organisations des producteurs au Nord-Kivu. Mbangu MAMIYOUND et Prosper MUNDA/AJAC Nord-Kivu