Dernière minute
Société
"Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants". Cette phrase est le début du Psaume 1:1 dans la Bible. Ce verset décrit l'homme heureux (ou bienheureux) comme celui qui évite l'influence des impies, ne suit pas le chemin des pécheurs et ne s'associe pas aux moqueurs. Bref, il…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Rien ne laissait présager qu’un simple choix vestimentaire allait susciter un tel engouement. Pourtant, en l’espace de quelques heures, le motif du corsage en pagne porté par la Première ministre…
Étranger
La Suisse a affirmé, vendredi, qu’elle "considère l’initiative d’autonomie" présentée par le Maroc "comme base la plus sérieuse, crédible et pragmatique" pour la résolution du différend régional…
Nation
À 11e rue Limete, sur l’esplanade du siège de l’Alliance pour le Changement (A.Ch), la scène a des allures de démonstration politique. Marée humaine, ferveur militante et tonalité combative : pour…
À Pékin, clap de fin sur un séminaire pour rapprocher les plumes africaines de la Chine moderne
* Beijing, Chongqing, et au-delà, trois semaines à la découverte de l'Empire du Milieu sans clichés
Le rideau est tombé. Le 28 juin, dans une salle emplie d'émotion et de chaleur humaine à Pékin, les lampions se sont éteints sur le séminaire de formation des rédacteurs en chef africains francophones organisé par l'Institut des études internationales et de formation avancée du Groupe de communication internationale de Chine (CICG IISAT). Une aventure humaine et professionnelle de trois semaines, du 9 au 28 juin, marquée par l'intensité des échanges, la richesse des rencontres et la découverte d'une Chine moderne, réelle et loin des clichés.
Donc, pendant vingt jours, la Chine s'est ouverte, dans toute sa complexité et sa grandeur, à 24 journalistes venus de sept pays d'Afrique francophone. Ce séminaire n'a pas été une simple formation académique. Il a été un périple initiatique, un voyage dans le temps et dans l'espace, à la rencontre d'un pays dont l'histoire millénaire dialogue sans cesse avec les défis de la modernité.
Tout a commencé à Pékin
Tout a commencé à Pékin, capitale aux mille visages, où chaque pierre semble porter la mémoire d'un empire, chaque avenue le souffle de la révolution, et chaque bâtiment le témoignage d'une nation résolue à écrire son propre destin. Dans cette ville-musée aux allures futuristes, les participants ont exploré les fondements idéologiques et les réalités institutionnelles de la Chine d'aujourd'hui.
Des modules de formation ont été dispensés par des sommités chinoises de la communication, de la diplomatie, de l'économie et de la recherche. Puis, au-delà des salles de classe, la Chine s'est racontée à travers ses symboles : la majestueuse Grande Muraille, serpentant à l'horizon comme une colonne vertébrale de pierres ; Temple de Confucius de Pékin trésor de la sagesse chinoise ; le musée du Parti communiste chinois, où se lit la trajectoire fulgurante d'un pays sorti du chaos pour devenir une puissance mondiale.
" Seul celui qui connaît son passé peut préparer son avenir ", disait un guide au détour d'une salle silencieuse. Une phrase devenue mantra pour nombre de journalistes africains qui, au fil des jours, se sont reconnus dans les luttes, les aspirations et les modèles de développement présentés.
Chongqing, laboratoire du futur
Puis est venue l'étape de Chongqing, métropole à l'urbanisme audacieux, où l'impossible semble toujours à portée de main. Là, la Chine s'est montrée inventive, industrielle, dynamique. Le métro traversant un gratte-ciel, les zones technologiques high-tech, les ponts suspendus, les industries automatisées… Tout, à Chongqing, respire la modernité conquérante.
Mais l'innovation ne se limite pas aux infrastructures. Les journalistes africains ont visité des villages intelligents, des zones rurales transformées, des centres de recherche où la culture ancestrale chinoise cohabite avec l'intelligence artificielle. Des expériences qui ont mis en lumière une Chine réinventée, bâtissant des passerelles entre tradition et futur, entre local et global.
Rapprochement sino-africain
Au cœur de ce séminaire se trouvait une conviction : celle que le rapprochement sino-africain ne peut être sincère qu'à travers la connaissance mutuelle. " Ces échanges en face à face sont précieux. Ils favorisent une compréhension sincère et approfondie entre la Chine et l'Afrique ", a affirmé avec émotion M. Li Hengtian, vice-directeur de l'Institut des études internationales du CICG, dans son discours de clôture.
Il n'a pas manqué de souligner la richesse des interactions, la curiosité des participants, leur soif d'apprendre, mais aussi leur chaleur humaine. " Nous avons été touchés par votre politesse, votre amabilité, votre enthousiasme. Vous avez perçu une Chine réelle, vivante, complexe - bien au-delà des clichés. "
Zhu Hongyu, directrice du Département de formation en traduction linguistique étrangère, a, elle aussi, salué la vivacité des débats et la qualité des échanges interculturels : " Vous avez découvert la Chine moderne tout en touchant du doigt sa culture millénaire. Vos questions ont été pertinentes, vos témoignages inspirants. "
Les voix africaines expriment leur reconnaissance
Du côté africain, les voix se sont élevées pour exprimer reconnaissance et engagement. Au nom de sa délégation, le Congolais Richard Ngapi a salué la générosité des formateurs chinois et la rigueur de l'organisation.
" Nous avons beaucoup appris sur la Chine. À notre tour, nous porterons ce récit au-delà des stéréotypes, avec la plume de la vérité et de la fraternité. "
Un écho partagé par l'Ivoirien Mouhamed Campaoré, déterminé à déconstruire les idées préconçues sur la Chine.
" Nous serons du côté de la vérité, de l'objectivité. Notre traitement de l'information sur la Chine sera désormais fondé sur l'observation, la nuance et le respect. "
Des témoignages sincères, des engagements lucides, porteurs d'une nouvelle génération de récits médiatiques sino-africains.
Une cérémonie tout en émotion… et en symboles
Avant les adieux, les séminaristes ont reçu des certificats. Un à un, les représentants des sept pays ont été appelés sur scène. Poignées de main, sourires figés sur les photos souvenirs, mots de gratitude… Chaque certificat était plus qu'un diplôme : un passeport vers une mission nouvelle, celle de raconter l'histoire de la Chine autrement.
Des cadeaux n'ont pas été oubliés. Un coffret inspiré du légendaire " Roi des Singes", figure mythique de la littérature chinoise, a été remis à chaque participant. Un clin d'œil culturel, autant qu'un appel à la sagesse, au courage et à la loyauté.
" Les bons moments passent toujours trop vite ", confiait un organisateur. Un sentiment partagé, à l'heure où les valises se refermaient, pleines non seulement de souvenirs, mais d'idées, de rêves et de projets.
Un véritable creuset de coopération
Ce séminaire, au-delà de son cadre académique, s'est imposé comme un véritable creuset de coopération. Les liens noués entre journalistes africains, tout autant que ceux tissés avec les responsables chinois, augurent de futurs partenariats, collaborations éditoriales, et surtout d'un regard renouvelé sur les relations sino-africaines.
" Ce n'est qu'un début. Nous continuerons à construire ensemble cette passerelle entre nos peuples, à travers l'information, le respect mutuel et l'amitié sincère ", a conclu Li Hengtian, sous une salve d'applaudissements.
Cette amitié, ancrée dans le respect, la curiosité et l'engagement réciproque, est appelée à durer. Les journalistes repartent vers leurs rédactions, porteurs d'une autre image de la Chine, tisseurs d'un récit nouveau, bâtisseurs d'un avenir partagé.
De notre envoyé spécial, Christian-Timothée MAMPUYA, de retour de Pékin