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PAR SOLIDARITE AUX ELEVES TOUCHES PAR LA GUERRE DU M23 : La RDC célèbre sans fêtes sa journée nationale de l'Enseignement
*À la place, Raïssa Malu appelle à une commémoration sobre en ce temps de crise.
À l'approche de la Journée nationale de l'Enseignement prévue ce mercredi 30 avril, le ministère de l'Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté a annoncé, à travers un communiqué diffusé hier mardi, l'annulation de toutes les cérémonies festives habituellement organisées pour cette occasion. Cette décision, instruite par la ministre d'État Raïssa Malu, s'explique par la situation sécuritaire qui sévit dans l'Est du pays, où des millions d'élèves sont aujourd'hui privés de leur droit fondamental à l'éducation. Conséquence directe de l'occupation de territoires congolais par l'armée rwandaise et ses supplétifs de l'AFC-M23.
Selon le Secrétaire général du ministère, Matthieu Mukenge Bakina, la ministre a souhaité que cette journée soit placée sous le signe de la sobriété, de la réflexion et de la solidarité nationale.
" Compte tenu, d'une part, de la situation sécuritaire inquiétante qui prévaut dans la partie Est de notre Pays et d'autre part, du nombre impressionnant d'élèves privés de leur droit fondamental à l'éducation, conséquence de l'agression dont est victime notre pays, Son Excellence Madame la ministre d'État, ministre de l'Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté me charge de vous informer qu'elle adressera un message aux membres de la grande famille éducationnelle pour la circonstance, en lieu et place de grandes démonstrations festives ", lit-on dans ce communiqué.
Des activités modestes pour la commémoration
Plutôt que les grandes démonstrations habituelles, les établissements scolaires à travers le pays sont invités à organiser, en fonction de leurs moyens et de leurs infrastructures, des activités culturelles sobres, des causeries éducatives, et des moments de réflexion collective.
" Quant aux écoles, vous êtes priés de les encourager à organiser, chacune, en fonction des moyens disponibles et des infrastructures locales, des activités culturelles, des causeries, et ce, en toute modestie et sobriété, en gardant toujours une pensée sur tous les élèves qui sont dans les zones sous les effets de la guerre, à qui sont imposées des conditions difficiles qui les empêchent de jouir pleinement de leur droit à l'éducation ", ajoute ce même communiqué.
Plus de 2500 écoles fermées, des élèves enrôlés de force
Selon un communiqué du ministère de l'éducation nationale publié au mois de février dernier, près de 2.600 écoles ont dû fermer leurs portes dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, soit un total de 1. 108. 962 enfants privés de leur droit fondamental à l'éducation. De nombreuses institutions scolaires ont été bombardées, détruites ou transformées en bases militaires par les groupes armés.
La présence d'engins explosifs dans certaines écoles compromet gravement la sécurité des élèves et des enseignants. Le ministère déplore même qu'une école ait été transformée en cimetière ou en base militaire.
Selon le communiqué, à Goma, des cas de recrutement forcé d'élèves par les rebelles du M23 et l'armée rwandaise ont été documentés.
Face à cette situation, le ministère avait mis en place un programme d'éducation d'urgence, incluant l'enseignement à distance et des dispositions spéciales pour les examens. Dans sa note d'information, le ministère avait rappelé que la destruction systématique du système éducatif constitue un crime grave contre les générations futures.
Christian-Timothée MAMPUYA