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ODEP et RECIC se retirent de la plateforme « Congo n’est pas à vendre »
L’Observatoire de la dépense publique (ODEP) et le Réseau d’éducation civique au Congo (RECIC) se retirent officiellement de la plateforme « Congo n’est pas à vendre » (CNPAV). C’est ce qu’indiquent les correspondances adressées par les responsables de ces organisations aux membres du Secrétariat général de cette plateforme dont les copies sont parvenues à la rédaction du quotidien trentainaire de la 11ème rue Limete.
A lire la lettre du PCA de l’ODEP, Florimond Muteba, il ressort que le retrait de son organisation de CNPAV est motivé, entre autres, par l’indiscipline, l’intolérance, la calomnie et l’injure facile en interne. Florimond Muteba dénonce en gros l’absence de débat démocratique au sein de cette plateforme.
« J’ai dénoncé le dysfonctionnement, sans me faire entendre. L’indiscipline, l’intolérance, la calomnie, l’injure facile et j’en passe. Le manque de débat démocratique ouvert à la grande majorité silencieuse, abouti souvent à des décisions prises par 3, 4 ou 5 personnes.
Par conséquent, je considère que le niveau très élevé des divergences sur la culture de travail, la méthodologie de travail voire sur les orientations idéologiques du CNPAV, ne me permet plus de continuer à siéger au sein du comité de pilotage, moins encore de le coordonner, je démissionne« , a écrit le PCA de l’ODEP.
L’ARGUMENTAIRE DU RECIC
Mêmes griefs côté RECIC. Dans une lettre signée par son secrétaire exécutif, Jean-Michel Mvondo, ce réseau affirme quitter CNPAV en dénonçant le primat de la pensée unique et la propension à s’écarter des objectifs du départ.
« Vu le climat de méfiance, de dénigrement et de prise en otage de la liberté d’action et de pensée qui règne au sein de la dynamique, le poussant même à s’interroger sur le sens et l’idéologie du combat contre la corruption que veut mener actuellement CNPAV; estimant que le collectif s’écarte des missions qui ont milité à sa création; Considérant une pensée unique qui s’installe au sein de CNPAV et les autres membres par la crainte reverentielle n’ont de choix que de se prosterner et de l’accompagner, le RECIC décide de ne plus faire partie de la dynamique« , affirme la correspondance.
PLUS DE 2 MILLIONS DE DOLLARS POUR LA RDC
Ces retraits du CNPAV interviennent après la tenue, du 13 au 14 avril dernier, d’une table ronde organisée par la Présidence de la République au cours de laquelle les informations précises ont été données à la société civile congolaise sur le protocole d’accord signé récemment entre le gouvernement congolais et le groupe Ventora au sujet de la révision des contrats miniers.
Les organisations membres du CNPAV sont sorties de ces assises divisées au sujet de ce protocole d’accord. Une frange constituée de l’ODEP, du RECIC et d’une trentaine autres organisations ont fait une déclaration le week-end dernier pour encourager ce protocole d’accord qui, selon elle, ramène plus de 2 milliards USD au pays.
Une autre frange s’oppose farouchement à cet accord en soutenant qu’elle consacre le bradage des ressources naturelles de la RDC.
« Congo n’est pas à vendre » est une coalition des organisations de la société civile, mise en place pour lutter efficacement contre la corruption. A sa création, la plateforme était constituée du groupe Gouvernance dont faisaient partie les deux structures qui viennent de quitter et le groupe Ressources Naturelles. Orly-Darel NGIAMBUKULU