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"Nous allons prouver le 22 septembre que Tshisekedi est aimé des Congolais"
À cinq jours de la marche annoncée par l'UDPS/Tshisekedi à travers le pays, Augustin Kabuya monte au créneau. Le président intérimaire du parti présidentiel affirme vouloir démontrer, le 22 septembre prochain, que Félix Tshisekedi conserve le soutien d'une partie importante de la population. Il accuse, par ailleurs, l'opposition de chercher à influencer l'opinion à travers les réseaux sociaux et conteste son interprétation de la mobilisation du 15 septembre.
La riposte politique se prépare. Après la mobilisation de la Coalition Article 64 (C64) du 15 septembre contre tout projet de changement de la Constitution, l'UDPS/Tshisekedi entend occuper, à son tour, la rue le 22 septembre. Le parti présidentiel a annoncé des marches dans les 145 territoires, avec pour objectifs affichés le soutien aux institutions de la République, à la loi référendaire et au dialogue national.
C'est dans ce contexte qu'Augustin Kabuya s'est exprimé hier jeudi 17 septembre, lors d'une causerie morale au siège de l'UDPS. Face aux militants de sa formation politique, il a rejeté l'idée selon laquelle le chef de l'État serait désavoué par les Congolais.
"Nous sommes en démocratie, nous pouvons tolérer les points de vue des uns et des autres. Mais chercher à tromper l'opinion que Tshisekedi n'est pas aimé par les Congolais, c'est du mensonge. Et nous allons prouver ça le 22 septembre", a-t-il déclaré.
LA MOBILISATION DU 15 SEPTEMBRE N'A PAS DÉMONTRÉ L'AMPLEUR
Pour le dirigeant de l'UDPS, la manifestation organisée par la C64 n'aurait pas démontré l'ampleur de l'adhésion populaire revendiquée par l'opposition. Il estime que cette dernière s'appuie largement sur les réseaux sociaux et accuse certains acteurs de présenter une réalité différente de celle observée sur le terrain.
La marche de la C64 avait effectivement donné lieu à des rassemblements à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays. Dans la capitale, le cortège parti de l'Échangeur de Limete n'a toutefois pas atteint son point de chute prévu au siège de l'ECIDé. Des affrontements ont éclaté en cours de route et la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les protagonistes.
Les versions divergent toutefois fortement sur les circonstances de ces incidents. Des responsables de l'opposition ont dénoncé des violences et mis en cause des militants affiliés au camp présidentiel, tandis que le pouvoir a défendu l'action des forces de l'ordre et dénoncé des provocations. Ces accusations restent au cœur de la controverse politique née de cette journée.
"LA TECHNOLOGIE PEUT AUSSI RESTITUER LA VÉRITÉ"
Augustin Kabuya entend également mener la bataille sur le terrain de l'image. Selon lui, les outils technologiques, notamment les drones et les enregistrements audiovisuels, doivent permettre de confronter les discours aux réalités observées sur le terrain.
"Aujourd'hui, vous pouvez réunir les gens et raconter des mensonges. Mais avec la technologie, nous pouvons aussi restituer la vérité", a-t-il soutenu devant les militants de l'UDPS.
Le responsable du parti présidentiel a, par ailleurs, appelé à éviter toute confrontation lors des prochaines mobilisations. Son intervention intervient alors que la journée du 15 septembre a été marquée par des tensions entre manifestants, militants et forces de l'ordre, dans un contexte politique déjà fortement polarisé.
LE 22 SEPTEMBRE APPARAIT COME UN NOUVEL ÉPISODE
Pour Kabuya, la prochaine journée de mobilisation constituera donc un moment de démonstration politique. L'UDPS a appelé ses militants, les partis alliés, des organisations de la société civile, des confessions religieuses, des mouvements associatifs et estudiantins ainsi que des leaders d'opinion à participer à la marche annoncée.
Le rendez-vous du 22 septembre apparaît ainsi comme le nouvel épisode d'un bras de fer politique qui oppose le camp présidentiel à une partie de l'opposition autour de la Constitution, du projet référendaire et du dialogue national.
Par cette mobilisation, l'UDPS entend notamment apporter une réponse politique à la démonstration de rue de la C64. Pour Augustin Kabuya, l'enjeu dépasse donc une simple journée de manifestation : il s'agit de mesurer, dans la rue, les rapports de force politiques revendiqués par les deux camps.
"Le peuple est avec Félix Antoine Tshisekedi", a encore affirmé le dirigeant de l'UDPS, appelant implicitement les militants à faire du 22 septembre une démonstration de soutien au chef de l'État.
Le verdict de la rue, lui, sera observé avec attention.
Jérémie ASOKO