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Nord-Kivu : plus de 1000 cas de VIH/SIDA notifiés entre juin et septembre
Entre juin et septembre 2024, la province du Nord-Kivu a enregistré une hausse alarmante des cas de VIH/SIDA, avec 1 200 personnes restées positives. Cette information a été communiquée par la sous-coordination locale du Programme national de lutte contre le SIDA (PNLS), lors d’une conférence de presse tenue à Beni.
Les régions de Beni, Butembo et Lubero apparaissent comme les épicentres de cette crise de santé publique. Selon le PNLS, bien que les personnes vivant avec le VIH soient prises en charge et suivent un traitement antirétroviral, la situation demeure préoccupante, en grande partie à cause des conditions socio-économiques de plus en plus difficiles.
Le docteur Nicaise Mathe, responsable de la sous-coordination du PNLS à Butembo, met en avant un problème majeur : l’insécurité chronique qui sévit dans la région. Cette situation a entraîné le déplacement massif de la population, exacerbant la vulnérabilité des personnes affectées. « Nous avons assisté à des attaques répétées sur nos structures sanitaires, ce qui a conduit les patients déjà en suivi à se disperser. Beaucoup ont quitté les zones de conflit pour chercher refuge dans des villes plus sécurisées. Ce déplacement a malheureusement forcé un certain nombre de jeunes filles et de femmes à se tourner vers la prostitution« , a-t-il déclaré lors d’un entretien avec Radio Okapi.
Cet afflux de déplacés dans des centres urbains comme Beni, Butembo et Lubero, qui sont déjà surchargés, pose des défis supplémentaires. Si certains se retrouvent dans des situations précaires, d’autres sont tentés par des comportements à risque comme la consommation excessive d’alcool, souvent en raison d’un manque d’opportunités d’emploi et d’encadrement.
Le drame humain qui se joue dans cette province ne se limite pas seulement à la crise de santé. Il illustre également les conséquences désastreuses de l’insécurité sur le tissu social et économique des communautés. La situation mérite une réponse urgente, tant sur le plan de la santé publique que de la sécurité, afin de protéger les populations les plus vulnérables et de restaurer la stabilité dans cette région déjà éprouvée du Congo.
Le PNLS et d’autres organisations humanitaires travaillent d’arrache-pied pour sensibiliser les populations aux risques liés au VIH/SIDA tout en offrant des soins et un soutien aux personnes affectées. Néanmoins, la consolidation de la sécurité et la création d’emplois durables sont essentielles pour renverser cette tendance inquiétante et veiller à ce que de telles catastrophes sanitaires ne deviennent pas la norme.
Pascal NDUYIRI