Dernière minute
Société
"Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants". Cette phrase est le début du Psaume 1:1 dans la Bible. Ce verset décrit l'homme heureux (ou bienheureux) comme celui qui évite l'influence des impies, ne suit pas le chemin des pécheurs et ne s'associe pas aux moqueurs. Bref, il…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Rien ne laissait présager qu’un simple choix vestimentaire allait susciter un tel engouement. Pourtant, en l’espace de quelques heures, le motif du corsage en pagne porté par la Première ministre…
Étranger
La Suisse a affirmé, vendredi, qu’elle "considère l’initiative d’autonomie" présentée par le Maroc "comme base la plus sérieuse, crédible et pragmatique" pour la résolution du différend régional…
Nation
À 11e rue Limete, sur l’esplanade du siège de l’Alliance pour le Changement (A.Ch), la scène a des allures de démonstration politique. Marée humaine, ferveur militante et tonalité combative : pour…
Nairobi: Matata Ponyo, le «ressuscité» de l’opposition congolaise
«Il est vivant, il est ressuscité ! »... La formule, empruntée au registre spirituel a traversé les murs du conclave de l’opposition à Nairobi. Pour une résurrection politique, elle en est une. Longtemps réduit au silence par une condamnation jugée arbitraire, Augustin Matata Ponyo, ancien Premier ministre et figure technocratique du pays, s’est présenté à nouveau sur la scène publique, calme, sûr de lui, avec cette sérénité des hommes que la tempête n’a pas brisés.
Face aux caméras, dans un ton à la fois grave et mesuré, il a tenu à clarifier son statut :
«J’ai été jugé en dehors de la loi. La Constitution a été violée plus de cinquante fois. Ce qui est contraire à la Constitution est nul et de nul effet. Je n’ai donc pas été condamné. »
Ces mots n’avaient rien d’un plaidoyer défensif. Ils sonnaient plutôt comme la réaffirmation d’un principe : celui de la primauté de la loi sur les règlements politiques, et de la justice sur la vengeance. En ce sens, la sortie de Matata Ponyo marque bien plus qu’un retour personnel, elle illustre la lutte d’une certaine idée de l’État contre les dérives institutionnelles.
Mais au-delà de sa propre cause, Matata a élargi le débat. Il a replacé le peuple congolais au cœur de ses préoccupations: «Le vrai problème, c’est de savoir si l’on travaille pour le peuple congolais. Est-ce que les salaires sont payés ? Est-ce que le taux d’échange profite au peuple ? Voilà les vraies urgences».
L’homme de l’économie rappelle ainsi que l’opposition ne peut pas se limiter à des slogans, ni à des querelles de leadership. Elle doit redevenir la voix du quotidien, celle qui parle de faim, de transport, de monnaie et de dignité nationale.
À ceux qui l’accusent d’être à la solde de puissances étrangères, Matata répond par le réalisme politique : l’unité de l’opposition ne se décrète pas, elle se construit autour du grand nombre, dans la pluralité des voix.
«L’unanimité n’existe pas en démocratie. Ce qui compte, c’est la loi du grand nombre, et le grand nombre est ici. »
À Nairobi, son verbe retrouvé, Matata Ponyo a donné une leçon d’équilibre. Ni vindicatif, ni plaintif, il s’est posé en rassembleur d’une opposition fatiguée par les divisions et les querelles d’ego. Dans ses mots, transparaît une conviction : que le Congo ne sera sauvé ni par la colère, ni par la complaisance, mais par la constance et la cohérence.
Libre, apaisé, et résolument tourné vers l’avenir, le «ressuscité» de la politique congolaise semble vouloir transformer sa mésaventure en force morale. Son retour ne sonne pas comme une revanche, mais comme une renaissance. Et dans cette voix posée, à Nairobi, s’esquisse peut-être le début d’un nouveau souffle pour une opposition qui cherche encore sa boussole et son âme.
Jérémie ASOKO