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« Soki mbwa nayo, akomi ko gangela yo ce que mutu mususu azo liesa ye ! ». Cette phrase en lingala se traduit en français par : « Si ton chien commence à aboyer sur toi, c'est qu'une autre personne lui donne à manger ! »
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Il y a quelques jours passés, les constructions anarchiques érigées dans l'espace UPN ont été démolies dans le cadre de l'assainissement et de l'embellissement de la ville de Kinshasa. À cette…
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Mondial 2026 : Au cœur de "la Fan Zone" de Houston, la diaspora congolaise se mobilise pour les Léopards
Houston. États-Unis. 17 juin 2026. À quelques heures du choc historique entre les Léopards de la RDC et le Onze national du Portugal, le cœur de la République Démocratique du Congo ne bat pas seulement à Kinshasa, à Lubumbashi ou à Goma. Il bat, à tout rompre, ici à Houston, dans le grand État du Texas.
Dans cette cité américaine habituée à la démesure, l'ambassade de la RDC aux États-Unis a aménagé un espace géant, "une Fan Zone" devenue, en quarante-huit heures, le point de ralliement de toute une diaspora en ébullition. Un territoire conquis où, le temps d'une Coupe du monde, le lingala a détrôné l'anglais. Des retrouvailles chargées d'émotion.
Mue par la fibre patriotique, ma cousine, Aminata Mauwa, venue de San Antonio avec son époux et leurs trois garçons, en a eu le souffle coupé dès son arrivée. Comme des milliers de compatriotes venus de Chicago, de Dallas et d'autres villes disséminées dans les quatre coins des États-Unis, elle a été emportée par une vague d'émotion pure.
À chaque minute, la Fan Zone est le théâtre de scènes poignantes. Ici, accolades et embrassades chaleureuses rivalisent d'ardeur. Là, des cris de joie. Des Congolais, des Kinois en particulier, qui ne se sont plus vus depuis dix, quinze ou vingt ans, savourent la joie de se retrouver après de si longs moments de séparation.
Pour Aminata ma cousine, implantée à Dallas, la surprise est totale en tombant nez à nez avec d'anciens camarades de promotion de l'Université des Sciences de l'Information et de la Communication (UNISIC) - ex-ISTI, ex-IFASIC, l'école de journalisme de référence de Kinshasa. Les souvenirs de l'avenue Colonel Ebeya refont surface sous le soleil du Texas, portés par une fierté nationale retrouvée.
Chikwangue, makemba, thomson, kamundele... font revivre Kin en plein Houston
Dans ce village congolais éphémère, les effluves de la cuisine locale ont rapidement chassé les odeurs de burgers texans. Des mamans et des jeunes entrepreneurs de la diaspora congolaise se sont improvisés ambassadeurs de notre gastronomie. Les barbecues fument à plein régime.
Pour les supporters, c'est un retour aux sources gustatif : "les kamundele" (brochettes) et "les thomsons" (chinchards) ou "mpiodi" (poissons) crépitent sur les grils. Là-bas, la chikwangue se découpe à la chaîne et les "makemba" (bananes plantains) dorent sous les yeux d'une assistance conquise. On mange congolais, on rit congolais, on vibre congolais.
Le drame de la billetterie : 1.200 places pour plus de 15.000 prétendants
Mais derrière la fête et la ferveur, pointe une immense frustration, révélatrice de l'engouement sans précédent que suscitent les fauves de la RDC. Aminata Mauwa et sa famille, comme tant d'autres, espéraient décrocher le précieux sésame pour pousser les Léopards depuis les tribunes du Houston Stadium. Cela n'a pas été possible.
La réalité des chiffres est implacable. Par le biais d'un communiqué officiel, l'ambassade a douché les espoirs de nombreux déçus : la Fédération Congolaise de Football Associé (FECOFA) n'a pu mobiliser auprès de la FIFA que 1.200 billets d'accès, initialement prévus pour être vendus à moindres frais pour la communauté. Une goutte d'eau dans un océan de ferveur.
200 dollars pour parquer au stade !
"On s'attendait à nous procurer le billet à 60 dollars. Peine perdue ! Ici, le billet d'un match oscille entre 750 dollars et 1.200 dollars voire 20.000 dollars pour des places V.I.P. Et pour ceux qui ont eu le rare privilège d'avoir un billet, il faut débourser 200 dollars pour parquer le véhicule au stade", nous souffle, dépitée, une Congolaise de la diaspora, contactée au téléphone à la veille du match.
En quarante-huit heures, c'est pratiquement plus de 15.000 demandes de billets qui ont été enregistrées par les services consulaires ! Une marée humaine venue de tous les États américains, prête à débourser sans compter pour voir Chancel Mbemba et ses coéquipiers défier Cristiano Ronaldo.
Selon l'ambassadeur de la RDC aux États-Unis, les 1.200 billets étaient exclusivement réservés à la diaspora congolaise, à raison de 1.000 billets pour les résidents du pays de l'Oncle Sam et 200 pour ceux d'Europe.
Didier Lacoste au rendez-vous
Qu'à cela ne tienne ! Privés de stade, les déçus de la billetterie ne boudent pas leur plaisir. C'est devant l'écran géant de la Fan Zone, au milieu des vuvuzelas, des chants et de cette chaleur humaine typiquement kinoise, que des milliers de voix congolaises tiennent à s'élever à l'unisson. Hier mardi, ils se sont délecter en suivant le concert de Didier Lacoste, ancien chanteur de chœur de Wenge Musica Maison Mère.
Le Portugal est prévenu : même à des milliers de kilomètres de leurs bases, les Léopards ont un public déterminé à les soutenir dans leur seconde patrie. Yves KALIKAT